San Lorenzo est l’un des quartiers les plus anciens de Rome et aussi l’un des plus branchés. Mais pourquoi attire-t-il autant locaux et touristes ?

Un quartier avant tout populaire

Même si les ouvriers qui habitaient ici ont peu à peu laissé leurs places aux nombreux étudiants, le quartier a conservé son identité sociale, avec les prix qui vont avec. Les loyers restent abordables, les restaurants proposent des repas de qualité à bas coûts et la Palestra Popolare offre des activités sportives pour tous à des tarifs réduits.

Le cinéma Tibur, où les étudiants se retrouvent les mercredis pour profiter des séances à 3€

Cet atout économique attire une grande variété de personnes. La mixité est l’autre point fort de San Lorenzo. Ici on rencontre des grands-mères qui ont connu les bombardements, des jeunes parents, et bien sûr des étudiants. La proximité avec l’université de La Sapienza, le plus grand campus européen, favorise également ce brassage.

Un fort sens de la communauté

Piazza dei Saniti, façade du Nuovo Cinema Palazzo

A San Lorenzo, tout est fait pour se rencontrer. La vie associative est très active, notamment à travers les « Centres sociaux ». Artistes, habitants et militants ont décidé de se réapproprier les lieux inoccupés et de faire vivre le quartier. Plus ou moins tolérés par la municipalité, ces squats organisent des spectacles, des expositions, des conférences, etc. Par exemple l’ESC Atelier ou le Nuovo Cinema Palazzo, qui a investi l’ancien théâtre.

« On se sent connecté dans ce quartier »

Ainsi, les librairies caffè semblent symboliser cet esprit propre à San Lorenzo : vous poussez la porte de l’une d’elles, et vous découvrez une ambiance chaleureuse, où tout le monde se connait. Tous les âges se mêlent, on se tutoie, certains viennent pour travailler, d’autres pour profiter du caffè. On organise régulièrement des lectures, des rencontres avec des auteurs … Il y en a pour tous les goûts.

De plus, les familles ne sont pas en reste. De nombreuses associations aident les jeunes parents, comme la GRU (Graines de développement urbain), et le quartier possède une consultation familiale, plusieurs parcs, et des librairies-troc spécialisées.

L’engagement en héritage

Depuis toujours, San Lorenzo est réputé pour être le quartier le plus « rouge » de Rome. Les associations s’inscrivent dans la tradition antifasciste du quartier et dans la continuité des luttes des années 60 et 70.  En effet, les rues sont souvent le théâtre de manifestations et des témoins privilégiés qui portent les marques des engagements.

« Plus jamais de violence sur les femmes » graffiti via dei Sabelli, auteur inconnu

Toujours en mouvement

San Lorenzo reste principalement connu pour sa vie nocturne, mais pourquoi ? réponse en vidéo.

insérer ici la vidéo

Pour les amoureux d’Histoire

San Lorenzo, ce sont aussi plusieurs pages de l’Histoire de Rome. A l’Est, le quartier est délimité par le mur Aureliane, vestige de l’antiquité. Du côté ouest, vous trouverez la basilique San Lorenzo hors-des-murs et le plus grand cimetière de Rome. Enfin, le quartier a été fortement touché par le bombardement du 19 juillet 1943. A l’intérieur de l’Eglise Santa Maria Immacolata, autour des saints et des martyrs, ont été représentés des habitants du quartier, morts lors des bombardements qui ont fait plus de 3000 victimes.

La basilique de San Lorenzo-fuori-le-mura, vue depuis le cimetière del Verano

 

Enfin, San Lorenzo fait face à des problèmes récurrents des quartiers étudiants : drogues, alcool et dégradations … L’absence de station de métro est également à déplorer. Mais dans l’ensemble, on s’y sent bien tant la qualité de la vie sociale est élevée.

« fresque contre le féminicide » œuvre collective du 25 novembre 2012 pour la Journée Internationale pour l’Elimination des Violences faites aux Femmes