Cabaret des sciences : comment vulgariser « en restant poli »

Les Vulgaires et l'ensemble des participants au Cabaret des sciences saluent le public

A l’occasion de la Fête de la Science, nombreux sont les activités, expo et spectacles qui ont été proposés aux Lillois pour découvrir ce vaste domaine qui en intrigue plus d’un. C’est dans cet élan que Le Cabaret des sciences, organisé par le collectif les Vulgaires, avait lieu 13 octobre au soir à la salle des fêtes de Fives. Leur but ? Diffuser, partager et vulgariser la science au public… « Tout en restant poli ».

A l’origine, c’est l‘idée d’un étudiant en thèse, Jérémy Freixas, qui, assis devant son ordinateur, visionne une vidéo d’un brightclub à Toulouse, sorte de comedy club à la Jamel Debbouze version intellos. « J’ai trouvé ça chouette, parce que ça m’a à la fois fait rire et comprendre des choses », explique-t-il deux années plus tard. L’étudiant a tout de suite voulu adapter ce format à Lille sous forme de spectacle, tout en collaborant avec ses deux amies, Nadège Joly et Florence Ienna. C’est ainsi qu’est né le concept de Cabaret des sciences, dont la première édition s’est déroulée en 2016, au Bistrot Saint-Sauveur. Cette année, les trois organisateurs étaient encore plus enthousiastes : « Je ne pensais pas qu’il y aurait autant de gens. Des jeunes, des familles… Il y a de la diversité, pas que des scientifiques », nous dit Jérémy Freixas, des étoiles pleins les yeux.
La compétition oppose cinq groupes, auxquels s’ajoute celui des vainqueurs de l’édition précédente, Elise Wolf-Mandroux et Cyrille Ballaguy. Sous les yeux intrigués du public, avide d’en savoir plus, se mettent alors en scène étudiants et chercheurs dont l’objectif ultime est de rendre la sciences accessible tout en faisant rire… et pourquoi pas gagner le Vulgaire Award 2017 au passage !

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Le premier groupe, le Tryo, est formé de trois chercheurs qui tentent à leur manière d’expliquer l’origine des plantes dont les cellules fonctionneraient comme un « ménage à trois ». Blagues douteuses, scènettes cocasses sur fond de diaporama… L’objectif de vulgarisation est clairement rempli.

Pour faciliter la compréhension, chaque membre du groupe Tryo incarne une cellule de la plante.

Le suivant, Alexander Delaporte, est arrivé en déclarant qu’il savait distinguer plusieurs espèces de loutres. Grâce à des seringues ou des tubes à essai ? Non, plutôt à l’aide de la linguistique. Son but est de changer la vision que chacun de nous possède sur les scientifiques, pour faire comprendre qu’ils peuvent aussi être des chercheurs qui « jouent avec les propositions complétives ». Entre passion, rires et analyses, cet étudiant réussit à emmener le public avec lui dans la complexité de la langue française.

Alexander Delaporte montre au public toute la complexité de la linguistique, une science comme les autres…

La troisième représentation est une sorte de One man show dont le sujet est l’utopie et la rationalité. Feignant d’expliquer des termes complexes à un Jean-Pierre imaginaire qui n’y connait strictement rien, le chercheur, Flavien Pollet, évoque également les risques des technologies utilisées par l’Homme : « C’est toi qui utilise l’application ou c’est elle qui t’utilise ? ».
Thomas Jonas est le prochain à entrer sur scène. C’est le champion des mots croisés, le spécialiste de la littérature. Pour lui, le langage évoque non seulement la liberté, mais aussi « revient à toucher à notre représentation du monde ». Cet étudiant, « qui n’a pas la langue dans sa poche de blouse », nous fournit tout un tas de raisons de nous mettre à la littérature. Son refrain ? « C’est beau hein ? Normal, c’est de moi ».
Le cinquième et dernier participant, Jean Martinet, est sensé être un chercheur en physique quantique. Mais après avoir sorti ses notes, revirement de situation : « Excusez-moi, en fait je n’y comprends rien. Moi, je vais vous parler de l’intelligence artificielle ». Et le voilà parti sur l’évolution des technologies, des robots qui ne vont pas tarder à répondre à tous les besoins humains. « Plus ça va, plus ça va vite en technologie. En 200 ans, on a inventé, l’aviation, le téléphone, Internet et même les Tamagochi. »

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Enfin, le moment tant attendu est arrivé après le vote du public. Le trophée du Vulgaire Award 2017, en forme de lampe, créé par Polytech Lille, fait son entrée sur scène.
Alors, qui a le mieux vulgarisé une science ? Un indice : il a un penchant pour les loutres.