En France, 7 personnes sur 10 sont sensibles aux arguments complotistes.

Les théories du complot ont envahi notre quotidien, se propageant notamment grâce aux réseaux sociaux et à Youtube. Le collectif EDU Media dépend de l’Université de Lille et vise à promouvoir l’éducation aux médias ou encore à l’information. Il a proposé une rencontre-débat à L’Hybride le 23 janvier, initialement centrée sur « Les jeunes » et « les théories du complot », qui a finalement dérivé sur le domaine de la recherche.

Si le sujet n’intéressait que très peu il y a quelques années, c’est une salle comble qui l’accueille, certes multi-générationnelle, mais essentiellement composée d’une élite intellectuelle, partageant les mêmes avis et les mêmes opinions : un manque de mixité sociale plutôt frappant… Les intervenants sont Coralie Le Caroff, docteure en Sciences de l’Information et de la Communication et chercheuse, ainsi que Mathieu Foulot, diplômé en Sciences Politiques et fondateur de l’association Faux et usage de faux.

le doute face à la version officielle des médias traditionnels est puissant, mais il l’est également face aux conspirationnistes eux-mêmes.

Leur projet de recherche a mené à un seul point commun : la dénonciation à tendance hyperbolique (doute sur la politique, médias traditionnels, informations..). Quant aux entretiens, un paradoxe similaire s’est rapidement installé : le doute face à la version officielle des médias traditionnels est puissant, mais il l’est également face aux conspirationnistes eux-mêmes. Les participants gardent tout de même un peu de recul, grâce au sentiment de compétence et d’émancipation provoqué par l’usage d’internet.

Romain, étudiant en Master 2 à Infocom (Lille 3 – Roubaix) affirme : « Si certaines personnes sont sensibles aux théories complotistes, c’est parce que dans le paysage politique on nous donne cette impression qu’on nous ment. »

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Les croyances en ces théories remontent à la Révolution française, qui a marqué l’esprit des Français : la remise en question est devenue possible avec l’abolition de la monarchie, développant  les esprits critiques et favorisant ainsi l’apparition de nombreuses théories sur les divers événements.

Aujourd’hui, nous savons que le profil type du conspirationniste n’existe pas. En sortant de la rencontre, des questions restent tout de même en suspens : existe-t-il une réelle définition du complotisme ? Les jeunes y sont-ils les plus sensibles, sachant qu’elles sont principalement véhiculées par des adultes ? Aujourd’hui, ne crie-t-on pas finalement trop vite aux théories du complot quand quelque chose semble suspect, comme lors de la rumeur de détention d’armes de destruction massive en Irak sous George Bush, qui s’est révélée fausse ? Autant de questions que se posent aujourd’hui beaucoup de personnes, nécessitant toujours plus de recherches sur ce sujet.

Rédactrice : Alice Davoine, Photographe : Iris Guittonny, Vidéo : Leïla Merlet, Back office : Margaux Menu