L’association Cassez la graine tâche d’offrir une alimentation saine et de créer un lien direct entre étudiants et agriculteurs de la région.

C’est mercredi à l’IESEG, dans le quartier Vauban. Les étudiants ont pu commander sur le site internet de l’association un panier de fruits et légumes et du jus de pomme fermier. Dès dix heures, les initiés récupèrent leur panier et promettent de renouveler l’expérience. D’autres, curieux, viennent discuter avec les membres de l’asso et en profitent pour croquer une pomme juteuse. Cette scène a lieu une dizaine de fois par an dans le hall de l’école de commerce lilloise. Cassez la graine, c’est une bande d’étudiants de deuxième année qui a lié un partenariat avec un regroupement de sept agriculteurs. Le lien a été établi par l’intermédiaire des parents d’Arthur, un membre de l’asso, qui sont eux-mêmes agriculteurs en Lorraine à la frontière luxembourgeoise.

Un panier équilibré et politisé.

Dans un climat de prise de conscience écologique, les étudiants achètent pour cinq euros une belle somme de pommes de terre, carottes, pommes, poires et un poireau. La différence de prix n’est pas flagrante par rapport à une grande surface. Ce qui est en jeu, c’est le travail de l’agriculteur et sa rémunération. La majorité des paysans français ont été poussés depuis les Trente glorieuses à l’industrialisation pour fournir les grandes surfaces en fruits et légumes. L’Union Européenne, sous l’influence de puissants lobbys à l’image de ceux payés par l’entreprise Monsanto, les a contraints à adhérer au productivisme, sur fond de chantage aux subventions. Plus question d’harmonie entre la terre travaillée et le paysan, c’est l’agriculture hors sol qui est à la mode. Derrière le produit acheté en supermarché se cache donc l’épandage de pesticides et la pollution, lorsque le fruit a voyagé depuis l’autre bout du globe. Les étudiants de l’IESEG en sont convaincus, le système industriel agro-alimentaire n’est pas viable. Ils promeuvent au contraire une agriculture raisonnée, une démarche agricole qui prend en compte le respect de l’environnement, de la santé des agriculteurs et le bien-être animal. Proximité et circuit court contre surproduction industrielle.

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En outre de pourvoir ses adhérents en fruits et légumes, l’action de Cassez la graine est donc fondamentalement politique. C’est la politique par la racine ! Le circuit local, infiniment plus humain que son équivalent industriel, a aussi pour avantage de recréer un lien souvent inexistant entre étudiants cosmopolites de la métropole lilloise et paysans enracinés dans les bourgs des alentours dont ils travaillent la terre. Cassez la graine ne se restreint pas à la distribution de paniers, deux conférences sont organisées chaque année pour parfaire l’éducation alimentaire d’étudiants affamés de bons conseils.

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