Cédric Plessis, doctorant en psychologie à Lille 3 prépare actuellement une thèse sur l’addiction aux jeux vidéo. Il porte un regard aiguisé sur la question et explique ce phénomène qui reste trop méconnu du grand public. D’ailleurs, il n’existe toujours pas de consensus scientifique prouvant cette assuétude aux jeux vidéo mais bientôt une thèse, que défend Cédric pour Sneetch.

Qu’est ce que l’addiction aux jeux vidéo ?

Le premier critère qui permet de définir cette dépendance reste un temps de jeu excessif. Il existe six facteurs qui permettent de mieux apprivoiser cette dépendance. Tout d’abord, la science qui dépeint la présence permanente des jeux vidéo dans les pensées de la personne. Ensuite, on trouve la modification d’humeur, qui répond aux mêmes caractéristiques que la cigarette. La personne va se réfugier dans les jeux vidéo pour y trouver du réconfort. Comme pour toutes les addictions, la tolérance existe, c’est-à-dire qu’on a besoin de jouer davantage pour ressentir le même plaisir. De plus, le manque est également une composante de cette addiction qui se traduit principalement par le manque de sommeil. Enfin, elle entraîne aussi la perte d’emploi et de relations importantes (famille, amis, couple, …). Tout ceci permet d’établir une définition précise de cette addiction qui reste encore méconnue en France. Cependant, on peut également se baser sur la théorie de l’auto-détermination qui se décompose en motivation intrinsèque et extrinsèque. La première se définit par des actions faites pour notre propre plaisir. Pour la seconde, elle provient de l’extérieur et se ressent comme une obligation. Lorsqu’une personne considère le jeu comme une contrainte, on peut la considérer comme dépendante.

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Quels sont les jeux les plus addictifs ?

Les jeux en ligne tels que World of Warcraft, EverQuest ou Runes of Magic. Les joueurs ne sont jamais rassasiés, ils veulent toujours se mettre à niveau. En effet, les game-designer mettent en place des mises à jour sans fin qui poussent les joueurs à continuer dans leur processus d’addiction.

80% des « gamers » sont majeurs et l’âge moyen est de 30 ans

Beaucoup de gens sont-ils concernés par cette dépendance ?

Non. Cela reste malgré tout une minorité de joueurs. Cependant, il ne faut pas être tendre avec les stéréotypes. La plupart des gens pensent que tout le monde joue à peu près au même jeu ou que tous les joueurs sont des adolescents. De nos jours, sur les jeux en ligne, 80% des « gamer » sont majeurs et l’âge moyen est de 30 ans. Cette dépendance concerne donc majoritairement des adultes. Les conséquences sont plus importantes que pour un adolescent qui a moins de responsabilité. Cela va se ressentir sur le travail ou sur la vie de famille de l’individu.

Comment lutte-on contre cette addiction ?

Il existe deux solutions pour diminuer le nombre d’addict. La première est la prévention mais elle reste trop discrète en France. On est toujours dans ce cliché de l’adolescent qui passe toute sa journée derrière son PC. De plus, les thérapies sont également un moyen de combattre cette dépendance. Elles se basent sur l’expérience de jeu de la personne pour essayer d’éliminer les pensées négatives qui rendent le joueur dépendant. De plus, les jeux ont souvent un côté social car on joue avec d’autres personnes. Cette méthode va également aborder cet aspect pour savoir si l’individu recherche cette proximité avec les autres ou non. Enfin elle s’intéresse aussi à l’aspect compétitif de ces jeux pour essayer de réduire cette assuétude.

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Quels sont les jeux les plus addictifs ?

Auteur : Doriane Lhoste

Vidéaste : Alexis Souhard

Photographe : Clément Pravaz