Femme aux cheveux longs dans une salle de cinéma

Pour ces personnes, avoir une belle tignasse ne s’apparente pas qu’à de la coquetterie. La perte de cheveux est pour beaucoup le symbole d’une maladie bien réelle, quand au contraire de la repousse est signe d’une santé qui s’améliore.

« La première chose que j’ai demandé quand on m’a annoncé que j’étais atteinte d’un cancer, c’est si j’allais perdre mes cheveux. » m’explique Maïa, touchée d’un cancer à l’adolescence. « La question d’acheter une perruque ne s’est même pas posée. Pour ma part j’ai perdu de 8 à 10 kilos, donc le peu de formes féminines que j’avais ont disparues. Deux mois après le début du traitement j’ai aussi perdu mes cils et mes sourcils. C’est à dire qu’au moins, avec une perruque on peut « tricher » sur notre physique féminin, car les gens ne s’aperçoivent pas qu’on est malade ».

Business capillaire 

Après un tel diagnostic, la perruque fait l’objet d’une prescription du médecin pour « prothèse capillaire », renouvelable si nécessaire.
Mais si les premiers prix des perruques « prêt-à-porter » en fibres synthétiques tournent autour des 150 euros, une perruque digne de ce nom en cheveux naturels débute environ à 700 euros. Avec un prix naturellement proportionnel à la longueur des cheveux nécessaire à sa confection. Cette dépense-là n’est pourtant prise en charge par la Sécurité sociale qu’à hauteur de 125 euros maximum, étonnant lorsqu’on compare cette subvention à la somme allant jusqu’à 195 euros offerts pour un « bridge » dentaire par exemple. « Ma perruque coutait environs 1 000 €. Des gens se font un réel business dessus » précise Maïa.

« Même face à la maladie nous ne sommes pas tous égaux, et ce n’est pas normal. »

Cheveux h(or)s de prix 

Revenu limité, faible retraite ou budget étudiant, on imagine bien que toute personne atteinte n’a pas les moyens de « s’offrir » une chevelure flamboyante, qui est pour certaines la condition d’une reprise de confiance en soi. C’est la raison pour laquelle en France, des initiatives telles que celle de Pauline et Claire commencent à fleurir. « En parallèle du Movember et à la suite d’octobre Rose, avec Claire on a créé Movemb’hair. Le but : faire un don de cheveux pour les femmes qui ont perdu les leurs des suites d’un cancer ou d’une maladie auto immune » explique Pauline.
C’est en Erasmus au Brésil que Pao a découvert ce type d’initiative, qu’elle a alors voulu faire connaitre en France à son retour. C’est alors le 21 novembre que l’évènement a eu lieu, et il a rencontré un franc succès. Relayée par Le Bonbon, Le Chti ou encore par La Voix du Nord, l’initiative consiste en une collaboration avec deux associations, Solid’hair et Coupe d’Eclat. Ce sont 10 mètres de cheveux récoltés que les organisatrices leur ont envoyés, grâce aux 34 femmes ayant participé au don. Les mèches ont ensuite été revendues à des perruquiers, afin de subventionner des perruques destinées aux femmes disposant de faibles revenus.

Kilomètres de cheveux

Maïa elle, offre sa perruque à une jeune fille atteinte elle aussi du cancer, n’ayant pas les moyens d’en acheter une elle-même. « ayant passé les plus dures années de rémission, le risque d’une récidive est moins élevé donc je préfère me dire que je n’en aurais plus besoin. », conclut-elle.

Alors si un don financier à une association n’est pas réalisable pour tout un chacun, sachez que vos cheveux valent de l’or, et qu’un coup de ciseaux peut être un beau cadeau de noël. Sur la page Facebook de l’évènement, les organisatrices du Movemb’hair vous expliquent d’ailleurs comment vous faire couper les cheveux chez un coiffeur partenaire.