D’un rouge éclatant, elle ne veut laisser personne indifférent… et pourtant. Sur nos écrans, qu’ils soient petits ou grands, elle se vide rapidement… à ses dépens. La petite goutte de sang, que chacun a pu apercevoir à travers les spots publicitaires de l’Établissement Français du Sang (EFS), nous invite ces derniers temps à aller faire un don. Faces à ses campagnes, nous avons décidé de nous glisser dans la peau d’un donneur.

À deux pas de la gare Lille-Flandres, en rouge et noir, la Maison du don de Lille est facilement repérable. Nous y avons rendez-vous ce matin avec sa responsable, la docteure Isabelle Renard, pour une immersion dans la peau d’un donneur. Dès notre arrivée, celle-ci nous oriente vers l’accueil. Là, sourire aux lèvres, les hôtesses nous éditent un dossier, sur présentation d’une carte d’identité s’il s’agit d’un premier don, puis nous remettent un « Document de préparation à l’entretien préalable au don de sang ». Ce document, à remplir dans la salle d’attente, se compose de 45 questions auxquelles le futur donneur doit répondre de manière confidentielle, et surtout, dans le strict respect de la vérité. Car comme le dit haut et fort Isabelle Renard, « le but est d’aider les malades et non de donner pour donner » : ces questions très pointues ne veulent en aucun cas juger le donneur mais seulement sécuriser le don.

Une fois le questionnaire complet, s’en suit un entretien médical, dans l’une des 4 cabines que compte le centre. La taille et le poids sont vérifiés, une hémoglobine pré-don est réalisée. Cette dernière, minuscule piqûre au bout du doigt, sert à vérifier le taux d’hémoglobine dans le sang, taux qui doit respecter certains critères pour le bien du donneur et du receveur. Le médecin regarde ensuite les réponses au questionnaire complété plus tôt afin de déterminer s’il existe des contre-indications médicales à donner son sang ce jour-là.

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Après l’effort, le réconfort

Le don de sang, c’est pas si terrible !

Avec l’aval du médecin, le donneur peut enfin effectuer le geste pour lequel il est venu : le prélèvement du sang qui est réalisé tout au fond, à droite, mais également celui de plaquettes, au centre, et, de plasma, à gauche. Aujourd’hui, nous nous dirigeons directement vers l’espace consacré au don de sang, le don par lequel on commence toujours, avant d’aller crescendo vers les deux autres. Isabelle Renard, insiste alors sur un point essentiel : le don n’est absolument pas douloureux et dure à peine une dizaine de minutes lorsqu’il s’agit de sang.

Le mot détente convient parfaitement à la dernière étape du don. Pour permettre au donneur de repartir sur une petite touche conviviale, la Maison du don de Lille propose une collation au choix : paninis, croque-monsieurs et pizzas sont au menu ce jour-là. De plus, le centre, qui comporte également un coin bibliothèque, essaye de se dynamiser au maximum avec toutes les animations possibles : des expositions sont organisées et le mardi gras se fête déguisé.

 

Face aux exclusions, des solutions

Afin de garantir un haut taux de sécurité transfusionnel, il existe nous l’avons évoqué plus haut, des contre-indications aux dons. Ceux qui viennent de se faire vacciner, ceux qui reviennent de voyages lointains, ceux qui ont déjà été transfusés ou encore ceux souffrant d’une infection active, sont bien évidemment recalés. Pour le cas polémique du don des homosexuels, la réponse est plus ambiguë : depuis 2016, les homosexuels sont autorisés à donner leur sang mais sous certaines conditions exigeantes et peu réalisables, la principale condition étant d’être abstinent pendant un an. Si cette situation est justifiée par les médecins et scientifiques à coup de statistiques et probabilités, le fait est tout simplement « injuste et discriminatoire » pour « J’en suis, j’y reste », un centre LGBT lillois, dont nous avons rencontré les membres afin de connaître leur avis.

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A gauche, Dr. Isabelle Renard répondant à nos questions.

Face à ces contre-indications au don, il existe cependant des solutions nous affirme Isabelle Renard : le don de plasma, dont la fiabilité peut être vérifiée en raison de sa longue conservation, et le don non-thérapeutique, permettant de faire avancer la recherche.

S’il est vrai que la petite goutte de sang des spots publicitaires n’est pas prête à se taire, car soyons réalistes, les périodes de manquement ne vont pas disparaître de si tôt, il ne faut pas oublier que le bassin nordiste est très généreux quand il s’agit de donner… de quoi rendre fier, mais surtout nous encourager à continuer sur cette voie.