Quatre étudiantes de l’école ESMOD se sont associées avec le Gang des tricoteuses, pour présenter leur collection à la manufacture de Roubaix. Une expo à découvrir jusqu’au 29 octobre.

La passion. Voilà ce qui a réuni le Gang des tricoteuses, un groupe de femmes passionnées par le tricot et quatre étudiantes de la célèbre école des arts et techniques de la mode, plus connue sous le nom d’ESMOD. Ensemble, elles réalisent une collection de vêtements mixtes dont certaines pièces sont en tricot.

Les étudiantes devaient faire apparaître un univers de mode qui leur était propre. Il leur a fallu six à sept mois de travail intensif pour réussir à finir leur projet dans les temps. Ce sont d’abord les étudiantes d’ESMOD qui sont venues présenter leurs projets aux tricoteuses. Ils ont rencontré le Gang avant même de commencer la réalisation de leur création afin que leur soient présentées les premières bases du tricot.

Les étudiantes ont ensuite eu trois mois pour dessiner leur collection et créer un thème. Les tricoteuses ont sélectionné les projets en fonction de leurs affinités avec les créateurs et de leurs désirs. Ensuite, elles se sont attelées à leur travail, devant faire face aux exigences techniques des modèles et au temps qui leur était imparti.

« Cela nous donne un coup de jeune, on apprend aussi. »

Car, si elles se retrouvent tous les mardis après-midi autour de leurs tricots et d’un bon café, cela ne suffit pas. « On est obligés d’emmener des devoirs à la maison. C’est un vrai engagement, nous explique Colette Perche, une membre du Gang. Pour le pull que vous voyez là-bas, on s’y est mises à deux, mais il m’a quand même fallu plus de quarante heures de travail ». Un travail d’orfèvre, que seules ces dames pouvaient réaliser. Tous sont heureux de cette collaboration. « Cela nous donne un coup de jeune. On apprend aussi », s’enthousiasme une des tricoteuses.

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Pour Philippe Zmirou, le directeur de l’école, très fier du travail accompli par ces étudiantes, ne manque pas de souligner la dureté de la tâche. « Les jeunes se réapproprient ce savoir faire ancestral. Je trouve nécéssaire que les jeunes de l’école puissent collaborer avec des couturières expérimentées et profiter de leurs précieux savoirs et conseils. C’est pourquoi on a mis en place ce partenariat avec le Gang des Tricoteuses, il y a cinq ans.» Il y voit une formidable manière de faire (re)vivre le tricot.

Le public, lui, attend avec impatience leur prochaine collaboration actuellement en préparation ! En attendant, vous pouvez vous rendre à la Manufacture de Roubaix jusqu’au 29 octobre pour admirer leur travail.

Entretien avec Laura Beaussart, étudiante à ESMOD et exposante à la Manufacture de Roubaix

Sneetch : Quelles ont été vos inspirations pour créer cette collection ?

Laura Beaussart : C’est un concept esthétique : je voulais revisiter un vestiaire, le vestiaire marin. C’est habituellement des rayures, un chino, un bonnet et un gros pull en laine. J’ai une inspiration qui vient des pays de l’Est et des pays du Nord, avec le sous-marin et l’armée, et un réel penchant pour la vision japonaise : des manches oversize, les accumulations de vêtements. J’ai aussi voulu apporter une touche de sensualité dans cet univers de l’armée, à travers les matières très fines comme de la soie laminée. J’ai voulu faire un choc entre les matières très rigides et d’autres très fluides.

Comment faites-vous pour choisir vos tissus ? L’école vous donne-t-elle de l’aide ou des conseils ?

Non, on part à Bruxelles, on part à Paris, le weekend ou après les cours. On prend notre voiture et on ramène cinquante tissus différents pour n’en sélectionner finalement qu’un seul voire aucun. On prend des échantillons, on retourne chercher le reste plus tard. Quand on dessine un croquis, certains tissus ne donnent finalement pas le rendu souhaité, donc il faut changer. C’est un travail qui va plus loin que simplement rechercher un tissu qui nous plait.

Photo par Aurélien Fontaine

Que signifient les inscriptions « LABE CRÉATEUR HDG 3149 » qui figurent sur plusieurs de vos pièces ?

LABE c’est mon nom de marque. Je veux qu’on reconnaisse mes collections par l’écriture. J’aime passer par le texte que je trouve fabuleux. Je me suis inspirée de systèmes de codage : les chiffres donnent les positions satellites de ma première boutique. Pour REF 3149, c’est le nom de ma collection. Chaque chiffre est en fait le positionnement de la lettre dans l’alphabet.