Sneetch a testé pendant une semaine le mode de vie vegan : recettes, difficultés, prix… On vous dit tout !

On entend toutes sortes de choses sur le véganisme, ce mode de vie qui vise à boycotter toute forme d’exploitation animale : consommation de viande, poisson, œufs, lait et miel, textiles d’origine animale (laine, soie, cuir) et tous les loisirs où les animaux sont utilisés. Les détracteurs, notamment, prétextent qu’il s’agit d’une façon de vivre chère, et donc peu accessible. Or, le véganisme tend à gagner des adeptes, y compris chez les jeunes. Ma curiosité piquée au vif, j’ai voulu tenter l’expérience : essayer d’être végane pendant une semaine, avec mon budget d’étudiante fauchée.

Première étape de ma semaine vegan : faire du tri.

Mon frigo après le tri
. Et force était de constater que j’avais des progrès à faire. Heureusement pour moi, le temps est encore doux, et je survivrai sans peine avec des vêtements en coton et en synthétique. Et pour les chaussures, cette semaine, ce sera baskets ou Converses. A priori, elles ne contiennent rien d’animal. Un doute persiste sur la colle utilisée, selon les fabricants, mais là encore, le risque est minime, compte tenu que les colles utilisées dans la confection de chaussures sont de moins en moins animales.

Si je n’ai pas l’intention de remplacer tous mes pulls en laine pour le moment, il faut quand même que je remplisse mon frigo. Heureusement, je vis à deux pas des Halles de Wazemmes et le marché étale sous mes yeux, trois fois par semaines, un large choix de fruits et légumes à des prix imbattables. Pour le reste, les pâtes, le riz, les lentilles et le pain, le supermarché fera l’affaire !

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Pour se mettre en jambe, j’entraîne ma collègue-cobaye à une soirée « Tapas vegan », organisée par Roots Vegan Food, un traiteur spécialisé, au bar L’Elysée. Alors qu’avons nous mangé, selon vous ? De la salade et des carottes ? Et bien soyez rassurés, nous nous sommes régalées : entre les accras de légumes, la tortilla de pommes de terre, et l’effiloché de seitan, il y avait assez sur une assiette pour rassasier deux personnes, à un point tel que nous avons eu du mal à terminer !

Non, être vegan, ce n’est pas manger que de la verdure

Quand la nourriture est préparée pour nous, on peut se dire que c’est assez facile d’être végan. C’est un peu plus technique quand on doit se débrouiller et qu’on a l’habitude de se contenter d’une assiette jambon-coquillettes. Bonne nouvelle : les coquillettes, je peux les garder (tant qu’elles ne sont pas aux œufs et que je ne les noie pas sous trois tonnes de beurre).

Cela se complique le midi quand on arrive au Resto U. Entre les yaourts, le fromage, la charcuterie pour les « périphériques » et l’éventail de choix de viande, de poisson et d’œuf pour le plat, pas évident d’avoir un plateau bien garni. « Si vous ne prenez pas de viande, vous pouvez prendre un autre périphérique ! », m’informe une dame du personnel. Je prends donc un deuxième fruit… Difficile aussi de se rabattre sur un sandwich, notre traditionnel jambon-beurre n’est pas ce qu’il y a de plus végan. J’ai donc appris que la meilleure solution, lorsqu’on était végan, c’était d’apporter sa propre nourriture. Cela implique d’avoir du temps pour faire les courses et cuisiner, mais au moins, je suis certaine que mon Tupperware ne contient rien d’animal. Et si vous aussi, vous voulez savourer un bon repas 100% végétal, voici une recette pour préparer un plat, un dessert (et des restes pour la moitié de la semaine) pour environ 10€ :

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Au terme de cette semaine d’expérience, je peux affirmer que je n’ai pas eu l’impression de manquer de quelque chose et, outre la soirée-tapas, mon budget moyen par jour n’était pas plus élevé qu’à l’ordinaire : je n’ai pas dû dépenser plus de 20€ pour mes courses de la semaine. En revanche, à force de regarder la composition de tout ce que j’achète, je réalise la difficulté d’être végan au quotidien : les produits d’origine animale sont partout autour de nous, et il faut sans doute plus qu’une semaine pour apprendre à tous les éviter.

Les étudiants vegan témoignent

Pour approfondir notre expérience, nous avons contacté des étudiants ayant choisi ce mode de vie. Nous avons donc rencontré Étienne, étudiant à l’IEP de St-Germain-en-Laye, en transition depuis un mois et demi, et Claire, en L1 de science politique à l’université de Lille 2, végan depuis un an.

Ils ne nient pas avoir ou avoir eu besoin d’un temps d’adaptation. « Internet m’a beaucoup aidé durant ma période « d’adaptation » de végétarien à végétalien.  C’est assez compliqué au début. Je cuisinais beaucoup, ça prenait du temps. J’ai mis un mois et demi à m’adapter », explique Claire. « Il est assez difficile de faire attention à ce que l’on mange : par exemple, certaines margarines, censées être un substitut au beurre issu d’huiles végétales contiennent en fait du lait, il faut donc être extrêmement vigilant », ajoute Étienne.

Tous les deux affirment qu’être végan est plus économique qu’être omnivore, puisque la viande et les produits laitiers sont assez chers, de manière générale. « Quand tu commences, tu te tournes vers les substituts à la viande et au fromage qui coûtent assez cher, et tu oublies qu’il y a d’autres aliments qui vont t’apporter les mêmes apports nutritionnels » fait remarquer Claire.

Claire a vu deux nutritionnistes. L’un d’eux était végan et lui a donné des conseils. La seconde, à l’inverse, a plutôt tenté de la dissuader de suivre ce régime. Malgré cela, Claire est très informée sur les apports nutritionnels des végétaux, ainsi que sur les carences potentielles que peuvent rencontrer les végans. Elle affirme que ses dernières analyses de sang ne dénotaient aucun problème particulier. « Je me sens bien au quotidien. Mon but est d’être en bonne santé », conclut-elle.