Eva Lambin et sa sculpture, L'imaginaire et l'interdit, 2017.

A l’occasion de la 11ème édition d’Art Up ! , première foire d’art contemporain en région qui s’est tenue du 15 au 18 février à Lille, Eva Lambin expose pour la première fois. A travers son œuvre, l’artiste se dévoile : entre fantasme et anamorphose, elle livre une nouvelle vision de l’art contemporain.

« VOLUMES ET SCULPTURES : du plus petit au plus monumental », voilà le thème
imposé par le concours « Révélation by Art Up ! ». Pour la 5ème année consécutive, le
comité artistique de la foire a sélectionné huit artistes, dont les œuvres ont été réalisées
spécialement pour l’occasion. Eva, 24 ans, est l’une des lauréates. Etudiante à l’ESA (Ecole Supérieure d’Art) de Tourcoing, elle raconte : « Cela nous offre une certaine visibilité mais il y a surtout  un côté très professionnalisant : on est au contact de galeristes et collectionneurs, ce sont des gens qu’on ne côtoie pas habituellement ». Originaire de la région, elle est très vite attirée par le milieu artistique : elle se voit d’abord professeur d’arts plastiques, puis change d’avis et s’intéresse au design, qu’elle délaisse assez rapidement. « Finalement je me suis rendue compte que ça ne me plaisait pas. Il y avait trop de contraintes, trop de restrictions. J’avais besoin de toucher la matière ». Le fer, le chêne et ses dix doigts, il ne lui en fallait pas plus pour représenter le corps d’une femme nue, à travers son œuvre fantasmatique intitulée L’imaginaire et l’interdit.

Utiliser l’espace comme feuille de papier

Audacieuse est l’idée d’utiliser l’espace comme support. L’air est papier, les doigts sont
crayons. Les lignes en fer, courbées à l’aide de ses mains, dessinent les fesses d’une
femme nue. « L’œuvre est construite autour du fantasme. Le but, c’est que le spectateur
déambule autour de l’œuvre, ne trouve pas le point de vue adéquat et fantasme sur le
fait de voir ce que cela représente ». Certains y parviennent, d’autres non. Alors,
illustration d’un désintérêt de la quête du sens ou révélation de la sensibilité artistique de chacun ? « En tout cas, les hommes y parviennent plus vite que les femmes » s’amuse
Eva.

L’art contemporain ? Pas nécessairement futuriste

La définition de l’art contemporain pour Eva est finalement assez simple. Selon elle, une création est contemporaine dès lors qu’elle est créée à un instant T, sans qu’elle porte l’ambition de s’inscrire dans une autre époque. « L’objectif n’est pas nécessairement de créer quelque chose de futuriste » ajoute-t-elle. Et quand on lui demande la perception de ce type d’art dans notre société, elle répond, un brin agacée : « Il y a un côté très commercial. Étiqueter quelque chose comme appartenant à l’art contemporain, ça devient une mode, c’est vendeur et c’est dommage ».

Son souhait en tant qu’artiste est de faire découvrir l’art à un public qui n’y a pas forcément accès. En effet, selon elle, « il y a tellement d’autres moyens de diffuser l’art qu’exposer dans des galeries. Je veux diffuser mon art à tous et pas uniquement aux personnes qui ont les moyens d’acheter des œuvres ». Un pari osé pour un événement au sein duquel certaines œuvres avoisinent les 10 000 €.