InterAgir est une association créée il y a huit ans par les étudiants de Science-Po Lille. Au départ, elle regroupait plusieurs élèves de l’école qui intervenaient dans les camps de réfugiés pour y donner des cours de français, organiser des sorties, des collectes mais aussi participer aux maraudes. C’est l’année dernière que l’association s’est réellement agrandie et diversifiée. Elle comprend une centaine d’étudiants motivés qui n’hésitent pas à donner de leur temps puisque les projets les plus importants demandent souvent un engagement sur l’année et une régularité. Son action ne se limite pas aux réfugiés, elle touche aussi les roms ainsi que les personnes sans domicile, les classes exclues de la société.

Manon Sabre, co-présidente de l’association au côté de Clotilde Pinoche, nous explique qu’InterAgir « joue un rôle de relais » car chaque projet se fait en collaboration avec d’autres associations. Parfois, il s’agit de mettre sur pied un partenariat, d’autres fois, simplement de prêter main forte. Elle est en contact avec Médecin Solidarité Lille, à qui elle versera les fonds de son vide dressing musical du 9 décembre. Elle organise régulièrement des collectes de nourriture avec les Restos du Coeur, mais aussi de cadeaux en faveur d’Un Cado pour un Charlco, une association d’aide aux sans domicile fixe. InterAgir organise aussi beaucoup d’événements avec les migrants des Ollieux, comme un tournoi de football qui rassemblait, en avril dernier, migrants et étudiants autour de l’amour du ballon rond.

Un réel intérêt pour le projet

A Saint-sauveur, où un camp de migrants a vu le jour en juin 2016, InterAgir s’est alliée à L’île de la solidarité, Utopia 56 et à une quinzaine d’autres associations. Ensemble, ils participent à des maraudes sociales et alimentaires, ils essaient de répondre aux besoins des individus, qui y vivent dans des conditions pour le moins précaires et dirigent les demandeurs d’asile vers les structures susceptibles de les aider. Ils ont mis en place des accompagnements scolaires, juridiques, administratifs et médicaux. Cette mise en place a été particulièrement marquante : « On a vu une effervescence, un réel intérêt de la part de l’école pour le projet, à tel point qu’on a organisé avec Utopia 56 une courte formation juridique pour être aux faits des bases du droit des étrangers français, c’était très intéressant ” nous confie Manon.

Dernièrement, InterAgir a organisé sa première conférence qui portait sur le thème des mineurs étrangers isolés, à laquelle Utopia 56 et maître Dewaële ont participé. Ils collaborent également avec l’Abej Solidarité dans toute sorte de projets : maraudes, accompagnement, démarches administratives et judiciaires. Ce suivi est concret, les membres de l’association se déplacent à la préfecture ou encore chez le médecin afin d’aider les migrants dans l’apprentissage de la langue, l’obtention de papiers mais sont surtout présents pour les soutenir.

Initier les migrants à la langue française

InterAgir donne également des cours de français à des adultes du centre de réinsertion sociale de l’Abej de Lille. L’un des projets qui lui tient le plus à coeur est certainement celui du Théâtre Solidaire, créé il y a 5 ans au sein de l’association Enactus. InterAgir a repris le flambeau, en collaboration avec la Compagnie des Choses et les collectivités locales. Avec une comédienne, ils encadrent des ateliers d’éveil culturel et de théâtre dans le but d’initier les enfants primo-arrivants à la langue française et, pourquoi pas, allumer en eux la flamme du théâtre. Au départ, ce projet s’adressait uniquement aux roms mais ils ont décidé de l’ouvrir aux réfugiés. A la fin des ateliers, les parents sont conviés à un spectacle joué par leurs enfants.

En ce moment, à la BU de Science-po, vous trouverez l’exposition « Lève-toi et parle » que Sneetch a testée pour vous !