Réputée pour son approche environnementale, la Suède suscite l’admiration. Mais les comportements suivent-ils complètement les politiques en place ? Notre correspondante fait part de son observation sur le terrain.

La Suède, ce pays scandinave connu pour sa qualité de vie élevée. Qui n’a jamais entendu parler de son modèle écologique exemplaire ? Classé premier pays le plus écologique au monde en 2014 par le Global Green Economy Index, mais aussi considéré leader du recyclage avec plus de 99% de ses déchets recyclés…Le pays cumule les récompenses. Un rapport à l’environnement qui semble tout avoir pour en inspirer plus d’un. Tout serait donc parfait ? Observation au niveau local.

Des mesures incontestablement favorables

Au premier abord, il paraît incontestable que la stratégie écologique est particulièrement bien pensée.

Prenons l’exemple d’Umeå, une ville étudiante située au Nord de la Suède.

Commençons par le transport. Ici, oubliez la voiture : le moyen de transport le plus pratique et confortable est le vélo. Et tout est fait pour que ce soit le cas. L’Université, le centre-ville ainsi que la plupart des lieux publics proposent des parkings pour ce deux-roues. Puis, un véritable réseau routier est dédié à ce mode de transport. La municipalité parle de 180 kilomètres de bandes cyclables. Et si vous êtes tenté de prendre le bus, c’est avec un prix moyen de 4 euros l’aller-retour. De quoi, pour quelques minutes de bus, en dissuader plus d’un.

Enfin, un autre élément frappant est celui concernant la gestion du tri sélectif. Ici, chaque habitat dispose d’au moins cinq poubelles distinctes, dédiée à chaque catégorie de matériaux. Métal, plastique, verre, carton d’emballage, papier, et composte…tous sont séparés et triés à l’avance par le consommateur lui-même. Par ailleurs, à proximité de la majorité des superettes, sont à disposition des machines offrant de l’argent en échange de chaque bouteille en verre et chaque cannette recyclée. Un service, qui incite d’autant plus à être écologique.

Tant de mesures qui ne font que pousser encore plus à une conscience écologique en Suède. En plus de sensibiliser, elles stimulent le respect de l’environnement. De là à permettre un comportement 100% écologique ?

Des difficultés à suivre le pas 

Néanmoins, malgré les stratégies en place, à y regarder de plus près, quelques failles étonnantes sont observables.

Ainsi, si la majorité des étudiants internationaux ont été agréablement surpris par l’investissement de la Suède dans le recyclage, certains ont été frappés par l’utilisation massive de sachets plastiques lors d’achats. Bien que payants, ils restent massivement distribués, comme l’a remarqué Julia, une étudiante Erasmus. De plus, on pourrait s’attendre à ce que les sachets plastiques soient bannis, comme cela a été le cas en France.

Cela revient la plupart du temps plus cher de faire un achat à portée écologique (comme un objet issu du recyclage), et ce, même en comprenant le coût élevé de la vie ici. A titre d’exemple, à Umeå, dans la majorité des superettes, il reviendra moins cher d’acheter un pot de la grande marque Nutella qu’une pâte à tartiner qui se veut biologique et respectueuse de l’environnement.

Comme le résume bien Adam, un étudiant suédois : « Il est vrai que l’on est très doué au niveau des régulations, mais pour tout ce qui est marketing et promotion de produits écologiques, on a encore un peu de mal ».

Réputé pour son modèle écologique, la Suède inspire beaucoup. Qu’en est-il des premières impressions des étudiants internationaux?
Simona, étudiante en Erasmus à Umea, Suède, a accepté de partager son avis sur le sujet à Sneetch.