L’Agoraé, une solution à la précarité étudiante

Un petit frigo vide

On ne va pas se le cacher, en cette rentrée 2017, le coût de la vie étudiante a encore augmenté entre la baisse des APL et la hausse du prix de la sécurité sociale. La précarité étudiante est de plus en plus présente, on voit de plus en plus d’aides non gouvernementales s’installer, c’est le cas de l’Agoraé.

56, rue du port, au cœur de l’Université Catholique de Lille, impossible de rater l’énorme panneau bleuté de l’Agoraé. Ce lieu de vie, mais surtout d’aide aux étudiants les plus démunis, vient de se refaire une beauté. Ré-ouvert le 12 octobre dernier après un été de rénovation, on y retrouve le coin cafet’ mais surtout l’épicerie.

L’Agoraé c’est quoi ?

Ouvert il y a 5 ans maintenant, en octobre 2012, par la FEUCL (Fédération des Étudiants de l’Université Catholique de Lille) et la FAGE (Fédération des Associations Générales Étudiantes), l’Agoraé est avant tout un espace d’échanges et de solidarité. Elle et la 4ème Agoraé du réseau de la FAGE qui en compte désormais 11 à travers la France. On y trouve un lieu de vie et une épicerie solidaire où les produits sont à 10% du prix affiché dans les commerces traditionnels.

Elle s’adresse aux étudiants (pas forcement de l’Université Catholique de Lille) en situation de précarité à qui il reste moins de 200€ pour vivre par mois, une fois loyer et charges payés. « Le but étant d’avoir une bonne alimentation et se concentrer sur ses études en évitant de prendre un petit boulot à côté » nous précise Coralie Seiler- Rolland, bénévole.

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Un certificat de scolarité, une notification de CAF et/ou de bourse et une attestation sur l’honneur suffisent pour accéder aux paquets de pâtes, cahiers, dentifrices et autres produits du petit magasin.

Elle est est tenue par 3 bénévoles et 2 services civiques (personnes payées par la mairie) qui s’occupent de remplir les stocks et de tenir des permanences.

Alimentaire, hygiène et scolaire

Pour s’approvisionner, l’Agoraé a plusieurs ressources. Elle peut faire appel à la banque nationale alimentaire qui récolte des aliments à la sortie des supermarchés. Mais aussi récolter des produits considérés comme impropres à la vente à cause de leur date limite de consommation qui oblige les supermarché et parfois les particulier à les jeter. Pour ces produits comme les boites de conserve ou les pâtes, les dates de péremption sont souvent mal interprétées et les aliments sont jetés. Cette pratique permet aussi de réduire le gaspillage alimentaire.

Le succès venant, il fallu rénover le local. En effet passer de 25 à 200 bénéficiaires, ne se fait pas en claquement de doigts. On y retrouve depuis quelque semaines des étagères flambants neuves surplombant une salle fraichement repeinte. Une réserve bien plus grande pour stocker plus de bien ainsi qu’un nouveau coin chill avec des nouveaux canapés pour se reposer entre midi et deux.

La préca-quoi ?

Pour la rentrée 2017, les dépenses d’un étudiants devraient augmenter de 2,09% d’après l’UNEF (Union Nation des Etudiants Français). On voit en effet les aides aux logement (APL) diminuer de 5€ pour ce mois d’octobre ainsi que les tarifs de la sécurité sociale augmenter de 2€ pour cette nouvelle année.

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A Lille plus particulièrement, les loyers jusqu’alors encadrés par la Loi Alhur, ne vont plus l’être. Et oui le 17 octobre dernier, le tribunal administratif a annulé l’arrêté qui a mis en place l’encadrement des loyers. Il pourrait être remis en place en englobant les 59 communes de l’agglomération lilloise mais ce n’est pour l’instant pas d’actualité.

On assiste bel et bien à une forte hausse du prix de la vie d’un étudiant. L’OVE (Observatoire national de la Vie Etudiante) constate que « 54% des étudiants déclarent rencontrer des difficultés financières ».

Le nombre de bourses alloué par l’Etat quant à lui augmente de rentrée en rentrée mais ne couvre toujours pas les plus grosses dépenses.