Conjuguée à des difficultés personnelles, la vie étudiante peut parfois se révéler être un enfer.

Julie, 19 ans, fait des études de droit. Elle dort 6h par nuit, enchaîne sa journée de huit heures de cours, potasse ses leçons à la BU, puis file au conservatoire suivre ses cours de danse. Elle rentre, mange et relie une dernière fois ses fiches. Et cela, tout au long de l’année. Elle en devient fatiguée, stressée et facilement irascible.

Sans vouloir tomber dans le mélodrame, cet état est celui de milliers d’étudiants. L’expression « burn-out » est à la mode, peut sembler exagérée, mais mérite que l’on pense ce problème sérieusement.

Le burn-out : une question sociale, politique et médicale

Le docteur B. Weil explique « le « burn-out » n’est pas une maladie. C’est un événement, une situation vécue […]. Il est est à la « croisée de la question sociale, médicale et politique […] Dans une société qui prendrait soin de ses étudiants, évidemment que le burn-out serait moins fréquent ». Augmentation de la concurrence, pression financière, libéralisation de l’université, précarisation des étudiants… sont autant de facteurs responsables.

9h30, les étudiants de Lille 2 remplissent la BU, certains déjà fatigués

Toutefois, ces causes externes n’expliquent pas que certains étudiants pètent littéralement les plombs. C’est lorsqu’ils sont conjugués à des fragilités psychiques internes que le cocktail devient explosif. « Certains vont vous dire comment ils ont réussi à travailler chez McDo, fait une grande école, ont fait un superbe mémoire, une belle carrière… » quand d’autres n’y arrivent pas. Sur le plan psychique et familial, « ces personnes avaient plus de solidité que les autres ». Le « burn-out » c’est donc « un individu avec ses fragilités, soumis à un environnement qui les révèlent et qui fait qu’elles s’expriment de manière brutale et incapacitante ».

Les conséquences, forcément, varient selon les étudiants. Et ne peuvent être imputées directement au « burn-out ». Toutefois, un étudiant qui ne va pas bien est plus facilement sujet à des périodes de mélancolie, il peut négliger sa santé ou encore augmenter sa consommation de tabac, d’alcools ou de drogues. La pression scolaire et l’échec peuvent également causer une « faillite narcissique » : l’étudiant se rabaisse, redouble, nuit à son avenir en se disant « je n’y arriverai pas… ». Il peut aussi s’exclure de la vie étudiante alors même que cela est un temps fondateur de l’existence. Dans les pires des cas, le « burn-out » entraîne des dépressions, de graves problèmes psychiatriques pouvant aller jusqu’à des envies suicidaires…

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Ami lecteur, si tu vis une situation similaire, sache que tu peux te faire aider. Voici une liste de personnes ou d’organismes à contacter :

• Ton médecin généraliste ou un professionnel de santé spécialisé

• Le BAPU, Bureau d’Aide Psychologique Universitaire, ou SIUMPPS, Service inter-universitaire de Médecine Préventive et de Promotion de la Santé. Ces services sont pris en charge par la Sécurité Sociale.

• Le centre médico-psychiatrique de Lille 03 20 16 86 00

• Enfin ces numéros d’aide sont spécialisés dans l’accompagnement et l’orientation des jeunes en difficulté : Fil Santé Jeunes 0 800 803 803 / SOS Dépression 01 40 47 95 95 ou Drogues info service : 0800 23 13 13 (depuis un portable : 01 70 23 13 13).

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