A force d’entendre des clichés sur les personnes LGBTQI, l’image des lesbiennes, gays, bisexuel(le)s, transgenres, queers ou intersexes est souvent basée sur des idées reçues. Nous avons donc décidé d’aller à la rencontre de Lillois issus de ce mouvement pour pouvoir rendre une image un peu plus réaliste sur la situation.

Avant de nous intéresser au sujet, nous pensions que la tolérance vis-à-vis des personnes homosexuelles, transgenres, ou intersexes avait beaucoup progressé. Dans notre esprit la loi et l’administration géraient parfaitement ces cas. Or, après avoir rencontré des personnes concernées, nous nous sommes rapidement rendu compte que notre perception était fausse. Aujourd’hui, les discriminations sont encore très fortes.

« Mon CHARGé de TD m’appelait par mon nom mort lorsque je bavardais (…) pour m’intimider. »

Nous nous sommes entretenus avec Noah, étudiant Lillois transgenre qui a subi des pressions morales de la part de camarades, de syndicats étudiants ou même de professeurs. Ces pressions morales peuvent prendre la forme de menaces physiques, de discriminations, de harcèlement moral, d’humiliations,… «Mon chargé de TD m’appelait par mon nom mort (ancien prénom, avant le changement de sexe, qui est un nom secret et relève de l’intimité de la personne ndlr) lorsque je bavardais, n’était pas attentif ou ne rendais pas un devoir, pour m’intimider ». Il assure également avoir été victime de harcèlement de la part de policiers sur les réseaux sociaux. En plus du harcèlement au quotidien, les procédures administratives sont très lourdes.

Noah, étudiant transgenre, a accepté de nous parler de son quotidien et de ses engagements.

A l’Université Lille 2 Noah a rencontré une administration très rigide rendant son processus d’inscription particulièrement lourd et long (3 mois), du fait de sa transidentité. D’autant plus que les protocoles officiels de transition ou de changement de nom sont extrêmement contestées par la communauté trans, car elles reposeraient sur de fortes discriminations sexuelles. « Certains hommes trans n’ayant pas achevé leur transition sont contraints de s’habiller en femme quotidiennement, sous peine de se voir contraints de ne pas pouvoir terminer leur transition ». Certaines personnes se retrouvent marginalisées, ou exclues socialement à cause de ces protocoles. Certaines peinent même à finir leur transition. De plus, une minorité de collectifs s’occupent des questions transgenres. Seulement deux plannings familiaux en France (Grenoble et Paris) sont sensibilisés à la question. De même, très peu de médecins fournissent des hormones aux personnes changeant de genre, pour les aider dans leur changement de vie. Le premier ayant distribué des hormones est d’ailleurs lillois. Autre idée reçue: nous imaginons souvent les personnes et les modes de vie LGBTQI très proches les uns des autres. En réalité le sigle LGBTQI regroupe énormément d’individus différents, avec des identités éclectiques, qui ne partagent pas forcément les mêmes valeurs. Certains préfèrent mener une vie très « classique » c’est-à-dire une vie de famille, des enfants, un foyer, etc. D’autres se plaisent davantage à vivre d’une autre manière, comme la « culture queer, c’est-à-dire la culture du poly amour, du travail du sexe, des drags-queens. » nous explique Noah. A notre grande surprise, il nous apprend qu’il estime que « la culture queer ne doit pas être normalisée, c’est une manière de vie alernative revendiquée ». Cela nous a étonné car nous pensions que la normalisation permettait d’améliorer la tolérance au sein de la société.

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Il faut tout de même préciser que certains intersexes ou transgenres n’ont pas le choix de leur vie et sont contraints d’être en marge de la société, confinés entre eux. Il est donc

Le Liquium, un bar aux couleurs du mouvement LGBTQI.

impossible de mettre tout le monde dans le même panier.

Cependant Il y existe des endroits de rassemblements et des associations de rencontres, de lutte ou de discussion LGBTQI à Lille : le Liquium, le BartTown, l’O’Nours ou le Privilège qui sont des bars, mais également les associations « J’en suis j’y reste », le Refuge, « Liberté LGBT Univ Lille ».

Quelques clés de compréhension

LGBTQI : mouvement Lesbian, Gay, Bisexual, Queer and Intersex

Transgenre (trans) : Personne dont l’identité de genre ou le sexe biologique se situe en dehors du binarisme homme-femme, qui ne s’identifie pas à son sexe assigné à la naissance ou qui a entamé un processus afin de faire mieux correspondre son expression de genre et son identité de genre.

Transition : Période durant laquelle une personne entreprend volontairement un processus visant à faire correspondre son expression de genre et son identité de genre.

Cisgenre : Personne dont l’identité de genre correspond à l’expression de genre.

Queer : Personne qui n’adhère pas à la division binaire traditionnelle des genres et des sexualités, s’identifiant à une identité de genre ou à une orientation sexuelle non-conforme ou fluide.

Bisexuel(le) : Attirance sexuelle pour les deux genres socialement valorisés.

Intersexe : Personne dont le sexe biologique ou assigné à la naissance présente naturellement des caractéristiques qui ne sont pas strictement masculines ou féminines.

Transidentité : Décalage entre le sexe biologique et l’identité de genre, ressenti à différents degrés par les transsexuelles, les transgenres et certaines personnes queers.

Transsexuel(le) : Personne ayant complété une transition afin de faire mieux correspondre son sexe biologique et son identité de genre. Peut-être considéré comme une insulte par les personnes concernées car évoque une vision établie dans les années 1960.

Source : Lexique LGBT sur la diversité sexuelle et de genre en milieu de travail, chambre du commerce gaie du Quebec

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