Rencontre avec ceux qui font vivre cette scène déjà bien établie et qui ne cesse de se développer.

On peut dire de nombreuses choses sur le rap, allant de la critique littéraire à une remarque futile sur la vulgarité que l’on peut parfois entendre. Il y a cependant un aspect que l’on ne doit pas omettre, celui de la réalité. Le rap est capable, par des mots mis en musique, de retranscrire une ville, un quartier, des individus, et c’est ce qui en fait toute sa beauté. Il se trouve que le rap s’inspire en partie de sa localité, et le Nord n’en est pas exclu.

Rap du Nord rime avec associatif

Il existe mille et une façon de faire du rap, de commencer dans le rap, de promouvoir son rap, et en ce qui concerne Lille et ses environs, le rap se manifeste souvent par des associations. Le rap à Lille s’est principalement développé en association de quartier, de ville, par crew de rappeurs qui partagent les mêmes thématiques. C’est le cas par exemple de La Mouette Production à Villeneuve-d’Ascq, collectif qui avec ses deux rappeurs Vazote et Fucky, partagent leur talent sur scène, mais développent aussi pas mal d’évènements, d’ateliers autour du rap et du graff. D’autres groupes existent :

Le débat Flowtant

Sans rentrer dans les grandes analyses, on peut quand même remarquer une certaine uniformisation du rap à Lille. Auparavant organisé très localement, avec des scènes par quartiers, aujourd’hui le rap Lillois s’organise autour de gros éléments.

Tag ton blase. Mur au Flow sur lequel chaque artiste y tag son nom de scène.

Si vous êtes amateur de rap, vous n’êtes sûrement pas passé à côté du Flow, le Centre Eurorégional des Cultures Urbaines. Ce grand et impressionnant bâtiment a provoqué, en s’installant 2 Rue de Fontenoy à Lille en 2014, un rassemblement du rap. Le Flow concentre aujourd’hui la majorité de l’activité rap en organisant des concerts, en mettant à disposition ses studios et même en invitant des rappeurs pour des conférences (dernièrement le rappeur Ywill y a participé). Certains se réjouissent de la création d’un espace collectif devenu facile d’accès pour les jeunes talents, d’autres se désolent de voir délaissées les scènes de quartier. Cependant, tous se mettent d’accord sur le fait que le Flow a poussé les rappeurs vers un nouveau public, une évolution aussi liée à l’imposante arrivée du rap dans tous les casques, écouteurs, postes CD, enceintes de la jeunesse française.

D’autres initiatives méritent également d’être mises en lumière, c’est le cas des Lillois de  Tarmack Film. Cette boîte de production s’est attelée à la réalisation de clips vidéo, qui, on ne va pas se le cacher, peut parfois être aussi essentiel que la musique pour la promotion de l’artiste. La Tarmack a commencé seule, avec des rappeurs locaux, et aujourd’hui s’ouvre les portes de l’entièreté du rap francophone en réalisant les clips de Melan, Davodka ou encore l’Hexaler.

Autre pilier, le Northface Record. C’est un studio autonome qui aujourd’hui regroupe une grosse partie des MCs actifs dans la métropole lilloise. Dans cette joyeuse assemblée,

on peut alors retrouver le 32 gangs, le producteur Lucci, aux rappeurs Salek, Sado Mc et Balao qui a sorti sont premier album le 24 mars. Et si l’on devait citer tous ceux qui rappent dans la métropole, on pourrait parler des OpenMic (scène ouverte rap) du Biplan qui convient souvent les rappeurs du Clan Mc Leod, de La Cave Aux Poètes qui offre des concerts variés à Roubaix, ou encore des bars qui ouvrent leur scène aux rappeurs comme le Circus.

Un accent… du Nord ?

« Je pense qu’on a un héritage de combat politique »

N’allant pas jusqu’à dire que l’accent Ch’tis se ressent dans le rap lillois, on peut quand même avouer que le rap local se reconnait. C’est ce que nous confiait Sado Mc, qui en discutant avec le rappeur Lacraps, originaire de Montpellier, s’est rendu compte que la région influait sur le “flow” (débit de paroles) : « J’avais l’impression qu’il venait du Nord », et effectivement ce dernier a passé une partie de son enfance à Roubaix. Autre élément important, les thématiques abordées. « Je pense qu’on a un héritage de combat politique, une histoire populaire, ouvrière, mais il n’y a pas que ça non plus », selon le rappeur Ywill et beaucoup d’autres rappeurs, le rap lillois serait relativement sombre, assez militant, mais l’ouverture à d’autres scènes tend quand même à effacer un peu cette influence. D’ailleurs, lors de notre rencontre avec Ywill, nous lui avons lancé un défi, à vous de le découvrir dans la vidéo ci-dessous !

Loin de Gradur (Roubaix) et ses « pompes », ses « tractions », on peut trouver du rap local talentueux, fier de ses origines et qui fonctionne avec des organisations de la région. Malheureusement, la scène féminine reste encore un peu à l’écart. D’ailleurs, si toi, femme ou homme, tu veux te lancer dans le rap game, n’hésite pas à participer au Buzz Booster du Flow, à toi le micro !

Concerts, sorties :

Les conférences :

Pour les enfants :

  • Le Kids Tempo Club à La Cave aux Poètes (Roubaix)