D’ici à 2019, le mythique Wagon, l’un des plus anciens locaux des Restos du cœur, sera détruit : la mairie réaménage la zone. Mis en place il y a déjà 22 ans, on y distribue tous les soirs des repas chauds pour les sans-abri. L’occasion pour Sneetch de revenir sur l’histoire de ce foyer qui a bien évolué, et qui ne garde aujourd’hui de wagon que le nom.

Derrière la gare Saint-Sauveur, un local au milieu de hangars ne paie pas de mine, seule la lumière intérieure l’éclaire : c’est le Wagon. Dans quelques mois, tout cela aura disparu pour laisser place à un grand complexe immobilier. Mais que faire de ses 180 bénéficiaires quotidiens ? Justement, Patrick, bénévole très actif des Restos du cœur, en cherche un autre en ce moment : « le problème c’est que celui-ci était mis à disposition par la mairie, et gratuit. Maintenant c’est pas sur qu’on trouve quelque chose sans frais ». Pour le futur emplacement, rien n’est moins sûr, mais le risque est que les riverains acceptent mal le nouveau foyer.

Deux bénévoles du Wagon à la plonge

Une histoire et une mission

Alain, bénévole depuis 15 ans aux Restos du cœur, nous en apprend un peu plus : « Le nom vient du wagon de chemin de fer d’origine qui était à Saint Sauveur, que la SNCF nous avait donné à l’époque ». Deux locaux se sont succédés depuis. Le local actuel est occupé depuis 2007, c’est la mairie qui l’a construit et qui le met à disposition : « Il est plus grand, mieux équipé, avec de l’eau courante et de l’eau chaude, ce qu’il n’y avait pas dans les anciens ».

«Le nom vient du wagon de chemin de fer d’origine qui était à Saint Sauveur»

Au départ le Wagon s’adressait principalement aux sans domicile fixe. Fait étonnant, ils sont aussi nombreux en hiver qu’au printemps à en bénéficier. Patrick nous explique qu’au début du mois il y a moins de personnes grâce au RSA et aux payes qui tombent. Mais aujourd’hui avec la crise des migrants, il semble qu’il y a plus d’Africains : « Ils passent ici pour aller à Calais, il y a un turn-over constant ». Cette année, le Wagon a rouvert ses portes à la mi-octobre, un mois et demi plus tard que les années précédentes. Avec le camp de migrants installé à Jean Baptiste Lebas en début d’année, les Restos du cœur ne pouvaient plus fournir des repas à tout le monde, et a dû rester fermé plus longtemps.

Un plateau repas type : une viande, un féculent, un légume

Depuis la création du restaurant, les moyens matériels ont bien évolué. Le local est optimisé avec de nombreux mange-debout en guise de table. Ils sont aussi fixés au sol pour éviter la casse lors des débordements. Aujourd’hui le Wagon peut compter sur plusieurs équipes d’une vingtaine de bénévoles qui, tous les soirs, accueillent 150 à 180 sans domicile fixe. Alors, quel avenir pour le wagon ?

(VIDEO) S’engager dans une association en étant étudiant