Les artisans chocolatiers face à la concurrence des grandes chaînes

Pour la troisième année consécutive, le salon Choco and co a ouvert ses portes à Lille le vendredi 2 février. Preuve que l’engouement des Français pour le chocolat reste important, et cela malgré la nette augmentation du prix des matières premières.

Placé sous le signe du cirque, le salon a accueilli près de 50 artisans chocolatiers. Au programme, de nombreuses animations mais aussi des dégustations et des concours, catégorie amateurs et professionnels. Un succès pour les organisateurs, qui ont réussi à satisfaire petits et grands.

Être artisan, c’est aussi être créatif

Concentrant près de 85% des ventes, les marques de grandes surfaces surfent elles aussi sur cette vague chocolatée pour fidéliser un client déjà exigeant. Elles redoublent d’imagination, avec des « tablettes de dégustation » aux goûts aussi luxueux qu’inattendus et à des prix défiant toute concurrence.

Les artisans chocolatiers se retrouvent souvent isolés face à cette concurrence rude et à bas prix, qui fait fondre une majorité de Français, peu enclins à dépenser davantage pour une tablette. « C’est déjà difficile de finir le mois, si on peut se faire un petit plaisir à moindre coût, le choix est vite fait » nous confie Elisa, étudiante en DUT informatique. Alors, quelles sont les stratégies des artisans chocolatiers pour conserver leur clientèle ?

« La qualité supérieure reste l’argument principal des artisans »

La qualité supérieure reste l’argument principal des artisans, autant concernant les techniques de production que le choix des matières premières. En effet, les marques industrielles sont maintenant autorisées à introduire jusqu’à 5% de matière grasse végétale dans leurs chocolats. Les artisans eux ne jurent que par le pur beurre de cacao.

À lire aussi :  Sneetch a testé le nouveau jeu à boire développé par un étudiant lillois
Les artisans exposent leurs créations

« On essaie d’aller trouver nous-mêmes les petits producteurs pour leur proposer un partenariat en direct » nous explique le représentant de Sigoji, une chocolaterie artisanale de luxe. C’est, là aussi, le revers de la médaille concernant les prix proposés par l’industrie du chocolat : des producteurs peu rémunérés et des circuits longs, rendant la traçabilité floue.

Les chocolatiers misent aussi sur la communication et le bouche-à-oreille. Certains maîtres renommés mettent en place des partenariats avec de grandes marques, comme en 2017 avec la création d’une box « Saint-Valentin » née de l’union entre Jean-Paul Hévin et David Hervé, ostréiculteurs.

La demande du consommateur est évaluée précisément pour être satisfaite au mieux. Le représentant de Rody Chocolaterie nous informe se tenir au courant des modes « en proposant des produits sans lactose ou sans sucre par exemple ». D’après lui, l’originalité est aussi un élément clé pour attirer les clients. Et ce n’est pas Michel Pecqueur, de la Chocolaterie du Dolmen, qui le contredit. Inspiré par son petit-fils, ce dernier réalise de véritables oeuvres d’art inspirées de Star Wars, Pikachu ou encore des Mignons, en grands mais aussi petits modèles pour les gourmands plus raisonnables.

Entre tablettes industrielles ou chocolat haut de gamme, tout dépend donc des attentes. Une chose est sûre, Pâques est attendue partout avec impatience, aussi bien par les vendeurs que par les consommateurs !

Les Français craquent pour le chocolat :

  • 4,3 kg de tablettes de chocolat consommées par an et par habitant (7,6 kg sous toutes ses formes)
  • la France est le cinquième plus gros consommateur mondial de chocolat
  • 70% des chocolats utilisés par les chocolatiers français proviennent du Ghana et de Côte d’Ivoire
  • le marché connait une croissance annuelle de près de 6%, et ce depuis 4 ans !
À lire aussi :  Vous avez dit Urbex ?