La troisième édition de « The World’s Biggest Eye Contact Experiment » avait lieu samedi 23 septembre dans plus de 200 villes différentes, dont Lille, place Richebé.

L’initiative est australienne, de Perth. Depuis quelques années, une association propose à des passants de regarder un inconnu dans les yeux. L’engouement pour cette expérience a ainsi poussé l’association à lancer en 2015 un appel aux villes du monde entier afin d’effectuer la même opération, le même jour.

« A Lille, on a répondu présent dès la première édition. Au début, il n’y a jamais grand monde, mais rapidement les gens essayent, puis y prennent goût », observe Célia Demoor, présidente de l’association Dialogue, Empathie Et Paix (DEEP), qui gère l’événement lillois.

En effet, au premier abord, l’installation rend perplexe. Quelques coussins, quelques couvertures, disséminés ça et là dans un carré délimité par une corde, attendent qu’on les occupe.

Plusieurs pancartes improvisées attiraient le regard de passants, plus ou moins motivés à tenter l’expérience.

A contre-courant du tumulte de la vie urbaine

Une femme attend sur son coussin rouge. Je décide de tenter l’expérience. Une brève salutation, le contact visuel commence. Je ne connais ni son prénom, ni son âge. Des yeux verts, perçants, me traversent de part en part. La sensation désagréable et gênante d’être face à une inconnue disparaît vite, au profit d’une douce sensation de flottement, alors que mon champ visuel se réduit, pour finalement ne laisser filtrer que ces deux tâches vertes. Plus l’expérience avance, moins il est facile de rompre le contact. Je me sens vulnérable, bloqué entre ces deux rayons verts. C’est étrangement agréable. Deux minutes passent et soudain, d’un accord tacite le lien se brise et on sourit, tous les deux. On échange une minute puis je me lève, à la recherche d’une autre personne de libre. Les regards se lâchent, le lien se rompt. Les places se sont remplies et une foule de badauds observe en silence.

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L’expérience se répète, toujours. Peu importe le sexe, la couleur des yeux, pour quelques instants, l’échange renoue contact avec l’autre et plonge dans un état d’apaisement bienveillant, pour quelques instants. Finalement, chaque personne ayant tenté l’expérience a décrit la même sensation d’apaisement.

Par ailleurs, DEEP a d’autres projets, comme « L’Autre c’est moi !», qui aura lieu en octobre à La Barraca Zem. L’objectif est de mettre sur pieds une pièce de théâtre en une semaine, en mélangeant personnes locales, réfugiées ou étrangères autour de thèmes comme la migration, l’hospitalité, l’identité.

Si vous souhaitez en savoir plus sur cet autre projet participatif : « L’Autre, c’est moi ! – Ateliers dialogue sur l’hospitalité »

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