Une étude de la Fédération des associations étudiantes de Lille (FAEL), révèle que les étudiants ne se sentent pas en sécurité lorsqu’ils sortent le soir.

Il faut tout d’abord définir ce qu’est une agression, les agressions prises en compte dans les chiffres sont seulement physiques. Cependant, dans la majorité des cas on parle d’agressions verbales (harcèlement de rue).

La station de métro Wazemmes à Lille, redoutée par certains étudiants la nuit.

En 2017, les agressions physiques ont diminué de 13% à Lille par rapport à l’année 2016 et de 11% dans la métropole lilloise. Bien que ces chiffres soient encourageants, de nombreuses agressions ont fait la Une des journaux locaux, par exemple une série de vols rue Masséna en octobre et l’agression de deux femmes en décembre dernier. Ces affaires très médiatisées dans les journaux, mais aussi sur les réseaux sociaux renforcent le sentiment d’insécurité chez les étudiants lillois.

Un sentiment d’insécurité chez les étudiants lillois

Nous avons interrogé trois étudiants lillois pour connaître leur ressenti sur cette insécurité : Mathilde (21 ans), Margaux (20 ans) et Valentin (20 ans). Mathilde et Margaux avouent sortir plus de deux fois par semaine, une cadence « normale » dans la vie étudiante. A ce rythme, l’insécurité dans les rues lilloises les inquiète et la probabilité d’agression augmente.

« je ne me suis jamais fait agresser mais J’ai toujours peur quand je sors »

Mathilde reconnaît : « Bien que je ne me suis jamais fait agresser, avec tout ce qu’on lit sur les réseaux, j’ai toujours peur quand je sors. » Il leur arrive parfois de changer leur itinéraire pour éviter les quartiers qu’elles considèrent dangereux comme Moulins, Wazemmes ou Fives. Pour Margaux, le meilleur moyen d’éviter les agressions reste de « sortir en groupe et ne pas rester qu’entre filles .» Valentin, quant à lui, a subi une agression il y a quelques mois. En sortant d’un bar rue Masséna il s’est fait voler son portefeuille et sa veste, « j’ai du mal à ne pas penser à ça quand je sors ».

Une étude assez révélatrice

Ces témoignages sont confirmés par l’étude de la Fédération des associations étudiantes de Lille (FAEL), dans laquelle près de 4000 étudiants ont été sondés. Ce qui ressort de cette étude est que le quartier le plus prisé par les étudiant est Masséna-Solférino (80%). C’est dans ce quartier aussi que l’on trouve le plus de victimes d’agressions (15%) et le plus de victimes de harcèlement de rue (35%), ce qui explique que la majorité des personnes interrogées ne s’y sentent pas en sécurité (43%).

Statistiques de la FAEL concernant la vie nocturne lilloise.

Cette étude montre également que la majorité des étudiants (74%) ne sont pas satisfaits par les moyens mis en place par la police.

Il existe donc un paradoxe entre le nombre d’agressions (en baisse) à Lille et ce sentiment d’insécurité chez les étudiants lillois (qui reste fort). Cela pourrait s’expliquer par une surmédiatisation de certaines affaires et l’effet amplificateur des réseaux sociaux.

Le self défense : un moyen pour lutter contre l’insécurité dans les villes la nuit. 

Clubs de self défense à Lille :