Des fruits et légumes bio, locaux et en libre-disposition, un combo qui plairait à nombre d’entre vous ! Et ça tombe bien car mardi 20 février, un potager participatif a été inauguré sur le campus de Lille Sciences et Technologies (Lille 1).

Alors que le problème du glyphosate en France est loin d’être résolu, certains ont décidé d’agir en produisant eux-mêmes leurs fruits et légumes. En réponse à la demande grandissante de savoir ce qu’il y a dans notre assiette, le projet « Campus Comestible » est né depuis 2 ans au sein du Développement Durable de l’Université de Lille. Mais alors, qu’est-ce que c’est ? Le projet consiste à aménager des potagers participatifs sur les campus lillois. Sur les petites parcelles concernées, les étudiants qui le souhaitent pourront enfiler des gants pour aider à semer fruits et légumes, une fois par semaine.

Au programme : préparation du terrain, semis sous serres mais aussi construction de nichoirs, de composteurs ou encore d’hôtels à insectes pour les plus bricoleurs. Efforts qui seront récompensés puisque les apprentis jardiniers auront le droit de récolter leurs productions. Au premier atelier, mardi 20 février, on comptait une trentaine d’étudiants, la plupart informés via Facebook.

Un panneau prévient les étudiants de l’emplacement du futur potager participatif.

Il s’agit d’une résolution qui mise sur la prise de conscience écologique de la part des jeunes. Aujourd’hui, ils se trouvent au cœur de la problématique du développement durable et l’enjeu est de taille : « répondre aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures ».

Pierre Farges, chargé de mission du développement durable et David Ruffin, technicien gestionnaire des écosystèmes au sein de l’Université de Lille, en partenariat avec l’association Atelier Solidaire, sont aux commandes du projet. Leur objectif est clair : sensibiliser les étudiants aux goûts des fruits et légumes locaux.

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Mais le potager universitaire, c’est avant tout une idée des associations étudiantes qui ont sollicitées l’Université pour une plus grande visibilité de leur action. Les initiatives suivant la politique « zero phyto » sont de plus en plus nombreuses et semblent susciter un fort engouement chez les étudiants.

« On plante intelligent ! » explique David Ruffin. Il faut entendre par là un apport esthétique sur le campus, une pratique autonome avec la conservation des graines et surtout l’utilisation de « corridors écologiques ». En d’autres termes, rien n’est planté au hasard : les prairies fleuries, les haies et les « herbes folles » sont nécessaires pour protéger et permettre la biodiversité.

« On plante intelligent ! »

Grâce au financement des appels à projet de la Fondation de France et du Ministère de l’Environnement, le projet a pu se lancer, dans l’attente d’autres subventions. L’association Unicité leur vient également en aide, regroupant des personnes en service civique pour suppléer les services espace verts de l’Université.

C’est certainement le réseau de permaculture auparavant créé à Lille avec le projet national « Incroyable Comestible », qui leur a permis de relancer avec succès un projet similaire sur le campus, la ville disposant de peu d’espaces verts. Une initiative qui d’ailleurs a déjà pu être expérimentée sur le campus de Santé, et qui fonctionne. Ils y cultivent même du houblon pour fabriquer leur propre bière !

Vous l’aurez compris, dans ce projet il n’est pas question de vente mais de partage : les récoltes sont à portée de ceux qui s’en donnent les moyens. Une démarche généreuse n’effrayant pas ses organisateurs qui tentent le tout pour le tout.

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Un emplacement bien choisi

A Lille 1, on prévoit un verger de 3000 hectares avec essentiellement des arbres fruitiers (pommes, poires, cerises, prunes, baies…) et l’aménagement d’une prairie fleurie, qui bordera le potager. La parcelle choisie pour cet aménagement est l’ancienne pâture située derrière LILLIAD : un espace visible et confiné à la fois. Un choix logique puisqu’il s’agit d’une parcelle où se trouvent des arbres à abattre. La création du potager permettra donc de répondre à la politique de « reboisement systématique », autrement dit : un arbre planté pour un arbre coupé.

 

Rédactrice : Leïla Merlet, Photographe : Margaux Menu, Vidéo : Alice Davoine, Back office : Iris Guittonny