Entre le vide-dressing géant Violette Sauvage fin septembre, celui organisé par les blogueuses lilloises fin octobre et ceux organisés ci et là par des particuliers, c’était au tour d’Euralille, le grand centre commercial implanté au cœur de la métropole lilloise, de recevoir la société Dress in the city du 1er au 11 novembre.

Tu les imagines, les machines des grandes marques qui fabriquent le même pull en des millions d’exemplaires, ce pull que l’on retrouvera porté par tout le monde cet hiver. Ou bien ces usines « made in Bangladesh » qui polluent et uniformisent nos sociétés. Malgré tout, à voir tous ces vide-dressing qui fleurissent comme pour mettre un frein à cette surproduction incessante, on constate que les choses évoluent. Nouvelle conscience écologique ou instrumentalisation de l’éthique à des fins commerciales ?

Le concept de vide-dressing est simple : l’explication réside dans son nom. Cette pratique consiste à donner une seconde vie à ses vêtements en les échangeant ou en les revendant. Pour la petite histoire, c’est la styliste française Géraldine Grisey qui, en 2008, est la première à avoir l’idée de vendre ses tenues jamais ou peu portées sur un site web spécialement conçu à cet effet. Depuis, le phénomène s’est décuplé au travers des réseaux sociaux (groupes réunis par région, événements organisés entre amis et rendus visibles grâce à ces supports de communication), mais surtout de sociétés qui se le sont accaparé alors qu’il prenait de l’ampleur pour le développer à grande échelle.

C’est donc au fond du centre commercial Euralille qu’a été installé le préfabriqué de 100m2 de Dress in the city, structure mobile qui navigue entre Paris, Lyon et Lille. Cette société, jeune d’un an et demi, est gérée par 2 responsables et 5 vendeurs. Pour vendre un vêtement, il suffit de télécharger une application mobile, remplir une fiche produit, attendre validation et le déposer lors d’événements comme celui-ci ou dans un point de dépôt à Paris. Du reste, l’équipe s’occupe de tout : du transport des vêtements à la vente, vous recevez l’argent une fois l’objet adopté par une nouvelle personne, moins 30 % récupérés par la société.

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Les meilleures affaires se dénichent ici

Lorsqu’on demande à Amy, chef produit chez Dress in the city, pourquoi s’être lancée dans le concept de vide-dressing à grande échelle, celle-ci répond d’un air naturel : « C’est ce qui fonctionne, tout simplement. ». En effet, face aux prix des boutiques parfois exorbitants même en période de soldes, les meilleures affaires se dénichent ici. Selon elle est né un véritable phénomène de société, et non une simple mode qui finira par s’essouffler.

Dress in the City organise de nombreux vide-dressing.

Les écolos convaincus ne considéreraient que l’aspect environnemental, recyclage, du vide-dressing. Et c’est vrai, en interrogeant plusieurs acheteuses, on rencontre une adepte du « zéro déchet », et toutes sont unanimes sur le fait que l’achat de vêtements déjà portés n’est pas dérangeant. Lorsqu’on ose demander s’il n’est pas paradoxal d’installer un vide-dressing en plein cœur d’un immense centre commercial, Amy voit là une manière de faire découvrir ce concept à des personnes qui n’en ont même pas l’idée. Et puis, « business is business », argue-elle en souriant ; commerce et écologie ne constituent apparemment pas deux termes contradictoires.

Un vide-dressing solidaire organisé par deux asso de Sciences Po

Cet après midi, rdv au Macondo pour un vide-dressing musical et solidaire !

Organisé par Intéragir et la Pédale Palienne, deux associations de Sciences Po Lille, l’événement est l’occasion de dénicher des fripes mais aussi des gâteaux et des vélos d’occaz’ à des prix imbattables.

L’intégralité des fonds récoltés sera reversé à l’association Médecin Solidarité Lille.