Une bonne nouvelle pour certains, un stress supplémentaire pour d’autres. La PACES (Première année commune aux études de santé) est pour tous les étudiants en médecine un cap à franchir, avec le fameux numérus clausus. Ce numéro qui défini le nombre d’étudiants autorisés à passer en deuxième année de médecine, est fixé selon chaque université. Jusqu’à présent pour déterminer la limite dans le classement au-dessous de laquelle les étudiants sont autorisés à redoubler, on multipliait le numerus clausus par 2,5. Par exemple pour un numerus clausus de 134, le classement maximum autorisant le redoublement est la 335è place (2,5 fois 134).

Certains doyens, les directeurs des facultés de médecine, veulent réformer ce système. Ils souhaitent notamment supprimer le redoublement de la PACES. Pour Farah, étudiante en deuxième année de médecine à l’Université de Lille : « Supprimer le redoublement est injuste, car il y a des gens qui ont besoin de plus de temps que d’autres pour se mettre dans le rythme des études de médecine. » Elle insiste : « L’erreur est humaine, on doit pouvoir redoubler. »

Moins d’écrit, plus d’oral

Les doyens suggèrent également de remplacer ce redoublement par un oral : entre 70% et 80% des places du numerus clausus seront attribuées lors du concours écrit du mois de mai et les 20% ou 30% restantes le seront par des oraux de rattrapage.

Didier GOSSET, doyen de la faculté de médecine de Lille.

Les facultés de médecine auront le choix : par exemple, l’Université catholique de Lille (établissement privé) ne souhaite pas mettre fin au redoublement, puisqu’elle présélectionne ses étudiants sur dossier pour l’entrée en PACES. Pour Joanne, étudiante qui redouble sa deuxième année de médecine dans cette université : « Un étudiant qui redouble est dans de meilleures conditions qu’un primant, il faut apprendre à gérer son stress dans les épreuves de QCM qui sont nouvelles pour nous. »

« L’erreur est humaine, on doit pouvoir redoubler. »

L’Alter PACES

Mais ce n’est pas tout, une autre réforme viendra modifier les admissibilités en deuxième année de médecine : l’alter PACES. Un concours sera mis en place en troisième année de licence pour les étudiants qui suivent une autre filière universitaire, à conditions qu’ils aient validé des UEC (Unités d’enseignements complémentaires) de santé. Cela signifie qu’un étudiant en licence de sciences, de droit ou même d’économie pourra tenter sa chance pour intégrer les études de médecine. L’Alter PACES permettra aussi aux étudiants qui échouent en première année de médecine de se réorienter au sein d’une autre filière universitaire. Plus de places et de diversités concernant les profils des étudiants en médecine, mais donc plus de concurrence.

Plus d’informations sur le site de la faculté de médecine de l’Université de Lille (établissement public).

Interview de Didier Gosset (Doyen de la Faculté de médecine de l’Université de Lille), à l’initiative de la réforme de médecine à l’Université de Lille.