Retour d’Erasmus : comment éviter la déprime ?

Partir en Erasmus, c’est s’adapter à une nouvelle vie. Revenir d’Erasmus, c’est se réadapter à une ancienne vie. Voici quelques conseils pour surmonter le syndrome post-Erasmus.

Plus de trois millions de jeunes européens ont profité du programme Erasmus depuis son lancement en 1987. « Erasmus c’est comme un grand toboggan. En haut, tu as peur, et puis tu te lances. Tu as à peine le temps de réaliser à quel point tu te sens bien, que splash, c’est fini », raconte Melvin, allemand, de retour de sept mois en Bulgarie. On parle de dépression post-Erasmus, de blues du retour, de nostalgie infernale… Et pourtant, tout le monde fini par s’en remettre, chacun à son rythme. Mais comment ?

Reprendre un bon rythme

Fini les fêtes six soirs sur sept, les longues journées de gueules de bois, les repas interminables entre étudiants Erasmus… Retour à la réalité et bonjour la fac, les plateaux-télés et les nuits de neuf heures ! « Quand je suis rentré de mes huit mois en Erasmus, j’ai dormi pendant deux semaines non-stop », témoigne Andrea, espagnole, après son séjour passé en Lituanie. L’expérience Erasmus, c’est comme presser le bouton pause sur un magnétoscope. Le temps se suspend pendant quelques mois. Puis arrive le moment où il faut appuyer sur le bouton play et reprendre sa vie. « Je ne pourrais pas vivre toute ma vie comme j’ai vécu pendant mon Erasmus », concède Andrea. Revenir d’Erasmus, c’est l’occasion de se remettre à fond dans ses études, de prendre soin de soi (en arrêtant la bière) et même de diminuer certaines dépenses (en arrêtant la bière). « J’ai réalisé que l’université m’avait manquée. En Erasmus aussi on travaille mais c’est vraiment tranquille, on a pas trop de pression. Au début ça fait bizarre de devoir se lever avant onze heures le matin, mais on retrouve vite la motivation. J’avais oublié tout ce qu’on pouvait faire dans une journée ! », sourit Ricardo, italien, parti faire son Erasmus en Bulgarie.

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Découvrir à nouveau son pays

Lorsque l’on part on Erasmus, il faut ouvrir son esprit, ses yeux et s’acclimater à une nouvelle culture. Et bien quand on revient, c’est pareil. Il faut regarder son pays comme une contrée inconnue, redécouvrir ses traditions et ses paysages. « Quand je suis revenu, j’avais l’impression que tout avait changé. Et puis j’ai réalisé que c’est moi qui avait changé », se souvient Ricardo. Le moment des retrouvailles avec les proches passé, un sentiment de solitude s’installe souvent chez les « anciens-Erasmus ». On se sent en décalage, avec l’impression de ne pas vraiment appartenir à ce pays. Selon Ricardo, cette sensation est assez paradoxale : « Pendant mon Erasmus, j’étais super fier d’être italien, je disais toujours que l’Italie était le plus beau pays du monde, qu’on faisait la meilleure cuisine. Et puis quand je suis rentré, j’arrêtais pas de me plaindre d’être revenu en Italie ». Mais cette période ne dure qu’un temps et au fil des semaines, on fini par se réhabituer à notre ancienne vie et même à l’apprécier. « Quand je suis rentré en Allemagne, j’ai fait comme si j’étais un étudiant Erasmus. Je me suis demandé ce que les étrangers trouvaient si bien dans mon pays. Je suis allé chez ma grand-mère. Elle avait cuisiné une choucroute. Et là, pour la première fois, je me suis senti heureux d’être revenu », raconte Melvin.

Partager son expérience

Les quelques mois suivant le retour d’Erasmus sont les plus durs. On se remémore les moments passés, on envoie des messages à ceux qui nous manquent, on verse quelques larmes sur les photos de notre séjour. « C’est super difficile de dire au revoir à ceux avec qui on a passé toutes nos journées, avec qui on a partagé plein d’expériences. C’est peut-être un peu gnangnan de dire ça, mais on avait vraiment formé une grande famille ». La nostalgie, il faut la vivre pour la dépasser. Chacun sa méthode pour fermer la parenthèse. Ricardo, lui, a décidé de raconter son expérience dans un livre qui sortira prochainement : « J’ai envie de montrer au monde entier à quel point le programme Erasmus est extraordinaire, à quel point il a changé ma vie ». Andrea, elle, s’est fait tatouer un mot en lituanien dans le dos : « Cette expérience est encrée en moi, au sens propre ! Ce n’est pas qu’un joli souvenir que l’on se remémore de temps en temps, mais plutôt une partie de soi-même, quelque chose qui transforme et qui sera toujours là ». Pour partager son expérience, on peut aussi devenir membre ESN (Erasmus Student Network) dans sa ville afin d’aider les étudiants étrangers à s’adapter dans leur pays d’accueil.

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Repartir !

On ne revient pas indemne d’une telle expérience et beaucoup attrapent ceux que certains appelle le « virus Erasmus ». Les symptômes : la sensation d’être transformé, une profonde soif de liberté, l’envie de découvrir d’autres cultures. Le traitement : repartir ! « Je suis parti en me sentant espagnole, je suis revenue en me sentant européenne », constate Andrea. Un séjour en Erasmus permet de se prouver que l’on est capable de s’adapter à une nouvelle culture, d’apprendre une nouvelle langue, de s’ouvrir à d’autres horizons. « Erasmus m’a vraiment ouvert l’esprit. J’avais beaucoup de stéréotypes avant de partir, et je me suis rendue compte qu’on était tous les mêmes au final », poursuit Andrea. Et bonne nouvelle pour ceux qui ont attrapé la bougeotte et souhaitent vivre une vie d’expatrié : vous avez désormais des amis dans le monde entier !

Le témoignage de Lucie, partie six mois à Amsterdam !

Article et illustrations : Louise Poirier

 

 

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