Un enseignant de l’université de Lille 2 avait créé la polémique en janvier dernier après une blague douteuse. Plus de deux mois après, il répond à nos questions.

17 janvier 2017, Université de Lille 2. « C’est comme les femmes, faut taper dessus deux fois pour qu’elles comprennent », lâche l’enseignant en secouant son micro défaillant sur la table. Mais le trait d’humour ne passe pas. Des étudiants quittent l’amphithéâtre, les réseaux sociaux s’enflamment, le syndicat étudiant UNEF s’insurge. Dans un communiqué, l’université condamne les propos et annonce la convocation de l’enseignant. Plus de deux mois plus tard, l’enseignant continue d’exercer à Lille 2 : « J’ai très bien compris que mes propos aient pu choquer », précise-t-il dans un entretien accordé à Sneetch.

Une campagne de sensibilisation programmée

« La polémique a donné un coup d’accélérateur à nos actions pour l’égalité hommes-femmes », admet Xavier Vandendriessche, président de l’université Lille Droit et Santé (Lille 2). Dès la prochaine rentrée, l’université lancera une campagne de sensibilisation sur l’égalité entre hommes et femmes. « Toute la communauté universitaire sera concernée : étudiants et personnels », explique Jean-Charles Louche, chargé de mission. La campagne sera assurée par des associations, des enseignants-chercheurs et des collectifs. « Les étudiants participeront eux-mêmes à la sensibilisation, reprend Jean-Charles Louche, un collectif féministe s’est récemment formé dans l’établissement et il sera mis à contribution ».

Léa, étudiante en première année de Sciences Politiques, avait quitté l’amphithéâtre lors de l’incident et apprécie l’initiative : « C’est essentiel de sensibiliser pour montrer l’importance du phénomène dans notre société et le dénoncer ». Même discours du côté de l’UNEF : « Une campagne de sensibilisation, c’est l’occasion d’expliquer pourquoi les propos de l’enseignant sont choquants à ceux qui ne l’ont pas compris », note Lucie Madeira, vice-présidente du syndicat étudiant.

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Un médiateur pour parler des discriminations

C’est l’autre nouveauté à Lille 2. En cas d’actes ou de propos discriminatoires, le médiateur de l’université devient un interlocuteur privilégié. « Toute personne confrontée à une discrimination quelle qu’elle soit : sexisme, homophobie, racisme et autres pourra saisir le médiateur », explique Jean-Charles Louche. Le médiateur réalisera une enquête qu’il rapportera au président. Pour saisir le médiateur, un formulaire – téléchargeable sur le site de l’université – doit lui être adressé par mail, c’est gratuit et confidentiel.

Et si le micro avait fonctionné ?