Il est partout. Tu ne peux pas faire 100 mètres sans en croiser un dans les rues lilloises. Il prolifère à vitesse grand V. Le livreur Deliveroo existe depuis 2013 et a révolutionné le mode de consommation dans les métropoles françaises et européennes. C’est dans l’optique d’en savoir plus sur ce phénomène que j’ai décidé de postuler pour cette entreprise britannique.

C’est ainsi qu’un matin, je me suis porté candidat pour travailler chez Deliveroo comme de très nombreux étudiants. Rien de plus simple, en 2 clics me voilà sur son site internet. Après avoir répondu aux formalités administratives (âge, numéro de téléphone, expérience), et attendu 10 jours, ma boite mail a accueilli une bonne nouvelle : « votre candidature a été acceptée, bienvenue chez Deliveroo ». Joie intense, puis interrogation, n’ayant pas de vélo, le concept de livraison à domicile tombe à l’eau. Heureusement, bénéficiant d’un réseau efficace, une âme charitable m’a fait don, pour une soirée, de sa bicyclette rouge. Oui, je dis bicyclette car elle n’est pas de dernière génération, elle couine, mais elle roule et c’est bien là l’essentiel. Il a fallu ensuite récupérer le coupe-vent vert fluo, floqué Deliveroo et la « caisse de transport » rue Faidherbe en centre-ville. C’est aussi ici que l’on m’explique le système Deliveroo, ses attentes, son application.

Les livreurs Deliveroo doivent transporter la nourriture dans un sac de taille imposante.

Après l’opération recrutement, voilà le moment de l’immersion. Nous sommes le mercredi 15 novembre 2017 à Lille et je décide de passer ma soirée sur une selle de vélo, qui, il faut le reconnaitre n’est pas vraiment confortable. Il est 20h, rue de Béthune et je suis sur le qui-vive. 20h15, j’attends toujours ma première commande. C’est à ce moment que je me remémore les mots d’Adrien, un ancien livreur « le plus pénible c’est d’attendre les commandes, l’hiver c’est vraiment pas facile ». Tout à coup mon smartphone vibre et voilà une première mission qui s’affiche, je l’accepte et après avoir déraillé, file à l’adresse du restaurant donnée, « Le Croque François ». Arrivé à bon port, la commande est déjà prête, je la pose délicatement au fond de ma caisse. Une fois sorti du restaurant, j’indique à l’application Deliveroo que je viens de récupérer les denrées et celle-ci m’indique l’adresse de la cliente chez qui livrer. Après un parcours de 9 minutes exactement, les cuisses en feu, je mets pieds à terre rue Beaucourt Decourchelles afin d’y trouver ma destinataire. Je suis en bas de l’immeuble et sonne à l’interphone. Sur les conseils prodigués plus tôt par Adrien, j’attends en bas. C’est ainsi que je dis adieux à un éventuel pourboire, mais attacher le vélo, monter 4 étages avec mon barnum m’auraient fait perdre bien trop de temps.

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« La pression que te met Deliveroo« 

C’est ainsi que je retourne rue de Béthune pour recevoir d’autres commandes. En chemin je croise des collègues, souvent jeunes et probablement étudiants. Des passant me souhaitent bon courage car sous 4 degrés ce n’est pas une partie de plaisir. Néanmoins j’y prends goût, et comme me l’a indiqué Adrien, tu fais du sport et tu gagnes de l’argent… Par la suite je reçois une seconde commande, direction Gambetta, cette fois c’est un tacos que je dois livrer avenue du Président Kennedy à l’autre bout de Lille. 17 minutes pour trouver l’adresse alors que l’application m’en indiquait seulement 9. J’ai en mémoire le discours critique d’Adrien : « ce qui est énervant aussi, c’est la pression que te met Deliveroo quand ils estiment que tu es trop lent. Ils t’appellent, te disent de te dépêcher alors que tu fais de ton mieux ». Me concernant, finalement, je suis arrivé à destination et le client n’avait pas l’air mécontent.

Au final, cette heure de Deliveroo m’aura rapporté 10€, 5€ pour chaque course. En comparaison, si j’avais travaillé pour Foodora (principal concurrent de Deliveroo), cela aurait été 7,50€ l’heure auquel on aurait rajouté 1,50€ la livraison, ce qui nous amène à 10,50€. Cette immersion m’a permis de vivre l’espace d’une soirée le quotidien de nombreux étudiants qui profitent de leur temps libre pour gagner de l’argent tout en faisant du sport. Il faut noter que le livreur décide de ses horaires. S’il veut travailler de 20h à 22h le mardi et le jeudi de 19h à 21h c’est possible. Les horaires de travail sont donc modulables avec les heures de cours, ce qui avait plu à Adrien qui a passé 6 mois sur la selle. Par ailleurs j’ai pu observer l’intuitivité de la plateforme Deliveroo. Très fonctionnelle, elle permet d’optimiser son temps de travail et donc de travailler plus pour gagner plus.

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