Vendredi vingt heures, alors que la nuit surplombe Lille, la métropole ne semble pas vouloir dormir. Il suffit d’aiguiser ses sens pour apercevoir des lumières éclairer son centre et entendre de la musique éveiller la ville, engorgée par des milliers de personnes. C’est l’ouverture du vidéo mapping festival.

Les gens se pressent, se bousculent afin d’entrevoir un morceau de projection illuminer les architectures lilloises. L’opéra, le canal Saint-Pierre, la gare, la Porte de Paris et onze autres lieux, revêtent le temps d’une nuit, une parure lumineuse. À coup de poésie, d’humour et de frayeur, le vidéo mapping festival offre un échappatoire de quelques heures à la routine quotidienne.

 

Un mapping tout en fantaisie

La projection sur la Porte de Paris.

Un circuit de cinq kilomètres, rythmés d’histoires, de lumières et de musiques pénètre les quatre coins de la ville. Direction le canal Saint-Pierre pour admirer de drôles de petites bêtes aquatiques qui ont fait irruption sur ses pierres. À Rihour, La Voix du Nord conte l’histoire de la presse, des journaux aux tablettes à travers une vidéo animée. Juste à côté, sur l’opéra, Dominique Strauss-Kahn a été aperçu au coeur d’un motel, dévêtu mais en bonne compagnie.

En sillonnant les rues lilloises, celle de Béthune attire l’attention. « Il ne se passe rien ici. » chuchotent les passants, face à un mapping qui semble arrêté. Mais lorsqu’une personne s’approche…surprise. Les images et les sons bougent au rythme de son corps. Etonné et agréablement surpris, tout le monde s’essaye à ce jeu et chacun y va de sa chorégraphie, plus ou moins réussie.

La projection sur le bâtiment de Sciences Po Lille.

Sciences politiques n’a pas récolté le même succès. Agglutinés devant sa façade, les promeneurs semblent attendre que quelque chose se produise. Or, rien ne se passe. Pari loupé pour ce spectacle qui a plus suscité l’incompréhension que l’émotion. Mais il en faut plus pour décourager ces amateurs d’art qui continuent le circuit, quitte à faire la queue, sous le froid, pour entrer au Palais des Beaux-Arts ou à l’Hybride. Dans cette salle, les enfants de Marcq-en-Baroeul ont imaginé leur quartier de rêve sous forme de mapping. Résultat : une pluie de feux d’artifice, de fleurs et de soucoupes volantes.

Il est minuit, la ville a été arpentée de fond en comble et les kilomètres de marche se font sentir. Gambetta, parsemé de bars de chaque côté semble accaparer les regards. Un petit détour s’impose avant de retourner à sa vie (mo)rose. 

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