Vulgarisation, questions et débats : des thèses expliquées au grand public

Dans le cadre du festival Jeunes Chercheurs dans la Cité à Lille

Marion Bracq, deuxième intervenante exposant sa thèse sur l'histoire de la folie qui traverse les siècles.

Lire une thèse? Très peu pour moi me diriez-vous sans doute. Les doctorants, aussi appelés « thésards » doivent, une fois leur master en poche, effectuer de longues recherches et passer un temps incommensurable dans les bibliothèques à rédiger une thèse qui intéressera peu le grand public, principalement à cause de sa complexité. Or des initiatives encore peu connues comme le festival Jeunes Chercheurs dans la Cité permettent une plus large diffusion de leurs thèses.

Le samedi 3 février 2018, rue Edouard Delesalle à Lille, c’est à la médiathèque Jean Lévy que s’est réunie une quarantaine de personnes dans le cadre du festival Jeunes Chercheurs. Organisé depuis 2008, le festival lillois propose cette année à 13 doctorants de venir présenter leurs thèses autour du thème du corps. Une difficulté cependant, ils doivent les présenter de la manière la plus simple possible : « Le but est de vulgariser un maximum, de partager la recherche, de rendre audible la parole pour le grand public » nous confie Dimitri Julien, un des organisateurs du festival, doctorant lui aussi et ayant participé à l’édition de l’année dernière en tant qu’intervenant.

De gauche à droite, l’intervenant Jérôme Stephan débattant sur sa thèse avec le public, assisté par Dimitri Julien organisateur du festival.

Un autre objectif également mentionné par Dimitri Julien est de donner l’occasion aux doctorants de sortir quelques temps de leurs recherches : « Les doctorants c’est un peu des rats de bibliothèques, ils travaillent toute la journée et ne se sortent pas la tête de leur travail. » Selon lui, le festival leur permet aussi d’améliorer leurs travaux : « Le seul avis qu’ils ont c’est celui de leurs collègues. Échanger sur leurs thèses dans un contexte non-académique, ça leur permet de construire leur pensée, de voir des aspects qu’ils n’avaient pas su voir

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Le festival s’est tenu le 26 et 27 janvier puis le 2 et 3 février. À chaque journée, son thème : le 3 février, lors de la conférence du festival, celui-ci était « Par-delà le corps : littératures et passions ». Chaque intervenant, trois au total, ont pris la parole pour présenter leur travail. Vulgarisées, les thèses sont certes plus simples à comprendre mais il faut tout de même rester très concentré au risque de se retrouver complètement perdu. Dimitri Julien nous l’accorde, il reste très difficile de transmettre et de faire comprendre au grand public en une vingtaine de minutes une thèse qui représente un travail de recherche de plusieurs années. A la fin de chaque présentation cependant, un temps d’échange permettait au public présent de poser des questions ou même de débattre.

Si la salle n’était pas pleine en début d’après-midi, elle s’est remplie peu à peu. « C’est là tout l’intérêt de faire cela dans des lieux publics. Des gens venus ici pour lire ou travailler tendent l’oreille et finissent par venir écouter ou même participer aux débats. C’est très enrichissant pour nous », explique Dimitri Julien. Le bilan du festival est positif pour les organisateurs. A l’issue de celui-ci, ils nous confient même que le festival envahira peut-être la capitale anglaise dans les années à venir.